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La FAGE et le Grand Emprunt
L'annonce par le Président de la République, Nicolas Sarkozy, du lancement d'un « Grand Emprunt National » qui viserait à engager la transition vers un nouveau modèle de croissance « moins dépendant des énergies fossiles et davantage tourné vers la connaissance » a suscité de nombreuses questions et inquiétudes. Michel Rocard et Alain Juppé, tous deux anciens Premiers ministres, à la tête de la commission chargée de définir les modalités et objectifs de cet investissement, ont remis au Président leur rapport d'orientation de ce « Grand Emprunt » en novembre 2009.
L'Enseignement supérieur et la Recherche s'y sont vues érigées en « priorités absolues » avec une proposition de dotation de 16 Milliards d'Euros sur les 35 milliards d’euros au total.
La FAGE a alors été la première organisation étudiante à envoyer au Président de la République ses propositions dans une lettre et un document de travail. Une telle opération financière se fera dans une durée relativement courte et doit se focaliser sur des projets de long terme, elle n'est évidemment pas renouvelable chaque année. Les axes du rapport y sont repris, ainsi :
Afin de favoriser l'émergence de campus d'excellence, la FAGE insiste sur la nécessité d'assurer une répartition des investissements équitable sur le territoire sans oublier les ultra-marins et de ne pas se limiter aux établissements déjà bénéficiaires du Plan campus. De plus, les logements étudiants sont indissociables de tels campus et leur niveau doit être à la hauteur de l'ambition annoncée et doivent notamment réussir le « virage du numérique »! Aussi, les bibliothèques universitaires doivent être, comme le reste des bâtiments, mis à l'heure de l'accessibilité aux handicapés et du développement énergétique durable.
Ensuite, l'objectif annoncé de faire émerger cinq à dix campus d'innovation pédagogique doit une nouvelle fois trouver un équilibre géographique satisfaisant pour l'accessibilité de tous à l'excellence dans les domaines techniques. Ces campus doivent prendre garde à ne pas tomber dans les déboires classiques, la vie étudiante doit être centrale pour permettre à tous d'y évoluer et d'y trouver un cadre personnel et professionnel indispensable à la réussite. A l'heure internationale de la pluridisciplinarité, Les projets de recherche qui y sont développés auront besoin d'intégrer des membres de toutes formations et de ne pas rester cloisonnées aux domaines scientifiques classiques. Le lien nécessaire avec les formations d'ingénieurs ou avec les sciences humaines et sociales permettra à la fois l'innovation nécessaire et le passage des technologies dans l'industrie.
Quant à la recherche, elle aussi prisée par le « Grand Emprunt », elle a besoin prioritairement d'équipements de laboratoires viables, la FAGE préconise donc qu'un état des lieux sur la sécurité de nos laboratoires soit mené afin de retrouver un niveau minimum en France. L'innovation pédagogique reste un maillon faible dans notre pays. Une nouvelle fois, c'est une mise à niveau qui est nécessaire pour que tous les étudiants puissent bénéficier d'un traitement matériel satisfaisant. Enfin, si la recherche médicale reste un fleuron du territoire, la prise en compte du soin et de la rééducation devient plus qu'urgente et leur intégration universitaire doit amener ces champs à la recherche au plus vite pour parer aux enjeux sanitaires déjà à nos portes.
Enfin, la problématique très en vue actuellement, de l'accessibilité à l'Enseignement supérieur, tend à laisser de côté certaines zones géographiques, interdisant de facto aux classes moyennes et moins favorisées l'opportunité de faire parti de l'excellence tant mise en avant par les politiques. Ceci passe logiquement par un travail de fond sur l'intégration du système des grandes écoles dans l'Université au sens large, ainsi que par l'harmonisation des frais d'inscriptions. Concernant le dernier des souhaits émis par le rapport, la FAGE souhaite que le modèle de la Cité des sciences de Paris soit appliqué aux grandes régions pour susciter l'intérêt pour les filières scientifiques dès le plus jeune âge.
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Les arbitrages ont ensuite été rendus par le Président de la République, le 14 décembre 2009, présentant la répartition suivante :
ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET FORMATION - 11,0 milliards € Enseignement supérieur - 10,0 milliards € - Dotation en capital de 5 à 10 campus d'excellence - 7,7 milliards € - Opération campus - 1,3 milliards € - Saclay - 1,0 milliards € Formation 1,0 milliards € - Formation professionnelle - 0,5 milliards € - Egalité des chances - 0,5 milliards €
RECHERCHE - 8,0 milliards € - Valorisation de la recherche publique - 3,5 milliards € - Laboratoires d'excellence 1,0 milliards € - Equipements de recherche 1,0 milliards € - Santé et bio-technologies 2,5 milliards €
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Si de telles conclusions restaient prévisibles, la FAGE a annoncé, lors du CNESER du 21 décembre 2009 à l'occasion de l'examen du Projet de Loi de Finance 2010, son inquiétude de voir une nouvelle fois l'investissement centré autour de quelques campus (Aix-Marseille, Bordeaux, Campus Condorcet - Paris-Aubervilliers, Grenoble, Lyon, Montpellier, Paris - Saclay, Strasbourg et Toulouse) en mettant de côté les étudiants d'autres régions qui n'auront, d'ores et déjà pas les moyens de prendre part à l'excellence française de demain.
Ainsi, la France continue à se priver d'une trop large partie de son intelligence, contrairement à ce qu'annonçait le Président de la République dans ses veux à l'Education...
Il appartient maintenant aux élus et représentants des associations de la FAGE de travailler à ce que certains étudiants ne soient pas des oubliés de l'éducation.
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