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Grand Emprunt : qu'en pense l'ESU ?
FAGE : Face à la crise économique, la France à choisi d'investir dans l'Enseignement Supérieur, les autres pays ont-ils réagit de la même manière ?
Bert VANDENKENDELAERE : "Non, il y a beaucoup de pays qui ont décidé de couper les budgets de l'enseignement en général et l'enseignement supérieur en particulier. Pourtant, toutes les organisations internationales comme l'UNESCO et l'OCDE (ndlr : Organisation de Coopération et de Développement Economique), ont confirmé qu'investir dans l'Enseignement Supérieur est la réaction la plus intelligente pour agir face à la crise économique. Ce raisonnement se tient, car avec une main-d'œuvre qualifiée, la société des prochaines années sera capable de se battre contre de nouveaux défis économiques."
FAGE : Est-ce pour toi Bert, représentant des étudiants d'Europe, une bonne solution ? 
B.V : "Alors, c'est clair que l'ESU est déçue qu'il y ait plusieurs pays en Europe qui n'ont pas suivi l'exemple de l'OCDE et de la France ; on remarque en Europe de fortes diminutions du budget de l'Enseignement Supérieur, par exemple en Lettonie (-70%).
L'ESU est convaincu que l'éducation est à la base d'une possible amélioration de la société, comme l'innovation, la recherche, le changement de main-d'oeuvre pour suivre avec la l'offre et la demande du monde de l'emploi, etc. Avec les défis que notre société présente, un état doit être aveugle à ne pas voir l'importance d'avoir une éducation qualitatif pour ses citoyens."
FAGE : Le Grand Emprunt est tourné vers l'excellence, est-ce que d'autres pays ont fait ce choix ?
B.V : "Il y a des initiatives tournées vers l'excellence dans plusieurs pays d'Europe, suivant la proposition de la Commission Européenne et Lisbon Strategy de faire de l'Europe une économie de connaissance qui soit compétitive à l'échelle internationale. La dessus, je ne suis pas d'accord. L'Europe ne doit pas être compétitive de part quelques Universités excellentes. L'Université doit être pourvu d'enseignements de qualité, et cela dans toutes les Universités, tout en gardant a l'esprit, une accessibilité a l'Enseignement Supérieur pour tous les étudiants. En outre le processus de Bologne a proposé beaucoup de réformes qui n'ont pas encore été entièrement appliquées dans les pays-signataires du processus, étant aussi la cause des grandes protestations contre Bologne, selon moi. L'ESU est convaincu qu'il y a encore beaucoup de promesses à concrétiser, et que les valeurs du processus de Bologne doivent porter un Enseignement Supérieur lié à une mission sociale."
FAGE : Est-ce que l'excellence est compatible avec l'accessibilité à l'Enseignement Supérieur ?
B.V : "Dans une monde parfait peut-être, mais en réalité nous voyons qu'investir dans l'excellence a toujours des conséquences pour l'accessibilité, car même s' il y a des propositions de supports pour des étudiants en difficulté financière, il y a au moins deux conséquences dangereuses : 1. Tous les étudiants veulent s'inscrire aux pôles d'excellence proche de leur région, qui ne seront pas capables d'accueillir l'intégralité des étudiants. 2. Investir uniquement dans quelques Universités, ouvre la porte à une compétition extrême entre les institutions de l'Enseignement Supérieur, suivant les modèles américains, résultant dans des frais de rentrée élevés. Finalement, on exclut de l'Enseignement Supérieure de qualité, une grande partie des étudiants. Pour ces raisons, je suis convaincu que nous ne devons pas chercher à aller vers l'élitisme, pour l'excellence de quelques Universités ; mais continuer d'avoir une Union Européenne ayant des Universités accessibles à tous, de bonne qualité, tout en respectant le maillage territorial."
FAGE : Les projets candidats au Grand Emprunt seront sélectionnés par un jury d'experts internationaux. Selon toi Bert, L'ESU et les étudiants y ont-ils leur place ?
B.V : "Nous parlons d'enseignement. La France est aussi un membre-signataire du processus de Bologne. La France s'est aussi exprimée pour l'intégration des étudiants (et le staff administratif et académique) dans tous les niveaux décisionnels de l'Enseignement Supérieur ; alors pour moi, c’est évident que les étudiants ont une place dans ce jury. En effet, les étudiants ont aussi leur expertise à apporter au jury d'experts, comme les étudiants ont toujours su ajouter leur expertise aux visites d'assurance qualité de leurs institutions. L'ESU a aussi un "expert pool", qui peut servir d'expertise internationale.
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