L'accès aux soins chez les jeunes dans l'enseignement supérieur

Si différents acteurs spécifiques occupent une place importante dans la prévention et la santé des étudiants à l'instar des SUMPPS (Services Universitaires de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé), des mutuelles étudiantes ou des associations étudiantes il est aussi nécessaire de permettre aux étudiants d'avoir un statut spécifique dans le système de soin.

Contexte

L'augmentation du coût de la santé a accentué des phénomènes de renoncement aux soins. Les étudiants, déjà frappés par la précarité et par l'augmentation quotidienne du coût de la vie, ne peuvent plus protéger et garantir leur santé. La moitié des étudiants vivent avec moins de 600 € par mois. Ils sont donc contraints d'arbitrer chaque jour parmi leurs dépenses prioritaires (loyer, frais d'inscription, alimentation, santé). Faute de prévention suffisante et à cause des difficultés à se saisir de l'accès pluridisciplinaire (déclaration du médecin traitant, franchises), la santé est donc devenue une variable d'ajustement dans les dépenses étudiantes. Les jeunes, à l'âge où ils doivent prendre de bonnes habitudes en matière de santé, sont de moins en moins protégés, renoncent à des soins faute de complémentaire santé, et sont trop peu informés du fonctionnement du système de soins.

Ce que la FAGE propose

Il est nécessaire dans un premier temps de soutenir la souscription aux complémentaires santé en développant les ACS (aides à la complémentaire santé) ou « chèque santé ». Cette aide à l'acquisition d'une mutuelle complémentaire sera gérée et délivrée directement par le réseau des œuvres, celui-ci devant être le guichet unique sanitaire et social. Le chèque santé permet aussi de réaliser de la prévention et de responsabiliser les jeunes puisqu'il simplifie les démarches et balise le parcours de santé à travers la prise de conscience. Le chèque santé doit-être à disposition des étudiants boursiers et des non boursiers les plus modestes.

La généralisation du tiers-payant et l'accélération de la délivrance de la carte vitale permettront de réduire le nombre d'étudiants contraints de renoncer aux soins pour des raisons financières (34% selon l'enquête conditions de vie 2010 de l'OVE) c'est pourquoi il est nécessaire de sensibiliser les professionnels de santé afin qu'ils assurent le tiers-payant.

L'accessibilité aux soins est aussi souvent compromise par les dépassements d'honoraires pratiqués par certains praticiens notamment dans les grandes villes ou cette pratique est devenue la norme. Il est donc nécessaire d'imposer la tarification conventionnée sécurité sociale (secteur 1) pour tous les étudiants,comme elle l'est à l'heure actuelle pour les bénéficiaires de la CMU.

Les centres de santé universitaire doivent proposer des consultations spécialisées diversifiées s'inscrivant dans le parcours de soins. Cela passe par la mise en place de conventions avec des spécialistes pour le centre de santé qui pourront assurer dépistages, vaccinations et bilans gratuitement. La coordination pluridisciplinaire qui en découle et la redirection des patients étudiants ers les structures spécialisées adéquates seront assurées directement par le service de médecine étudiante.

D'autre part, les droits de sécurité sociale sont un poids non négligeable lors de la rentrée étudiante, ainsi il est nécessaire de permettre à l'ensemble des étudiants qui le souhaitent de pouvoir échelonner le paiement de ces vrais. D'autre part, il est impensable que les étudiants participent plus aux frais de santé en faisant augmenter leurs droits de sécurité sociale.

En bref

  • Soutenir la souscription aux complémentaires santés en développant les aides à la complémentaire santé.
  • Généraliser le tiers payant et abroger la franchise médicale pour les étudiants.
  • Echelonner le paiement à la sécurité sociale.
  • Garantir aux étudiants une tarification plus juste.
  • Ouvrir des consultations spécialisées gratuites dans les centres de santé
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