Arrêté Doctorat : Malgré des avancées notables, des points de vigilance subsistent

28/04/16

A l’heure actuelle, les études doctorales sont encadrées par de nombreux textes : arrêté relatif à la formation doctorale, charte des thèses, etc.

Dans un souci de lisibilité, le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche a entrepris l’ouverture d’un chantier Doctorat afin de refondre les différents textes. Cette ouverture a créé une opportunité pour la FAGE de défendre la mise en œuvre de réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les doctorants, dans le cadre d’un dialogue social serein.

En matière de formation, ce texte a introduit plusieurs notions dont la FAGE attendait beaucoup. La création d’un comité de suivi apparaît comme un moyen de faire des points réguliers sur l’avancement de la thèse, tant en termes de méthodologie de travail et de rédaction que de contenu scientifique. Les doctorants, futurs enseignants-chercheurs se voient assurés de pouvoir accéder à des modules pour la pédagogie et l’andragogie, enjeu stratégique pour un enseignement, ainsi que des cursus d’études, qui évoluent.

En matière de protection du doctorant, la création du comité de suivi de thèse permet de prévenir les situations où le suivi du doctorant par le directeur de thèse est absent ou non régulier. Cet espace institutionnalisé apparaît également comme un espace de médiation entre le directeur de thèse et le doctorant dont les relations relèvent davantage de relation hiérarchiques que de relations enseignant-étudiant.

L’encadrement de la durée de thèse permet de prévenir les abus vécus par de nombreux doctorants qui se voient repousser leur soutenance ad vitam aeternam et travaillent, de fait, gratuitement. Il permet en outre une meilleure lisibilité de ce que doit être un diplôme national de Doctorat.

Cependant, des efforts peuvent être encore faits en matière de protection. Si la FAGE s’est réjoui de l’ouverture d’un droit à la césure, nous nous inquiétons particulièrement de l’absence de cadre. Le dispositif pourrait être employé à mauvais escient, contraignant le doctorant à se saisir du dispositif pour poursuivre ses travaux de thèse sans financement.

Par ailleurs, il convient de permettre une représentation démocratique des doctorants. La nomination des représentants doctorants apparaît comme le meilleur moyen de museler une représentation déjà en mal du fait des relations hiérarchiques qui existent au sein des écoles doctorales. Il est nécessaire que les représentants soient élus par leurs pairs.

Enfin, la déclinaison de la charte des thèses à l’échelle des établissements apparaît comme impérative, afin qu’ils constituent un cadre protecteur des doctorants avec des possibilités de recours.

L’ouverture de l’arrêté a également permis de développer des réponses à la question de la poursuite de carrière des doctorants. L’arrêté prévoit à cet effet que le doctorant dispose d’un portfolio. Véritable outil pour la valorisation des compétences développées par les doctorants, cet outil doit dans sa conception faire l’objet d’un dialogue élargi entre le monde académique et le monde socio-économique. Le développement plus général de l’accès à des formations revêt également un intérêt certain pour l’acquisition de compétences transversales valorisables en vue d’une poursuite de carrière. Cependant, la publication des travaux de thèse apparaît également comme impérative pour leur juste valorisation.

En ce qui concerne le chantier de l’emploi des jeunes chercheurs, il est nécessaire d’entamer un dialogue franc avec le monde professionnel, non pas dans un objectif d’orientation adéquationniste de la politique de recherche, dont la FAGE réaffirme l’impératif de son indépendance, mais en vue de faire bénéficier aux doctorants des formations les plus adéquates en regard des attentes du milieu socio-économique. Pour une meilleure valorisation du doctorat, le gouvernement devra également prendre les mesures s’imposant pour ouvrir le dialogue autour des conventions collectives afin de faire reconnaître les Docteurs à leur juste place au sein des différents secteurs d’activité.

Si le projet d’arrêté donnait à l’école doctorale la responsabilité de la lisibilité et de la recherche des financements, il demeure un grand enjeu à ce sujet : celui d’un financement à la hauteur des besoins. Les contrats doctoraux et conventions CIFRE (Conventions Industrielles de Formation par la Recherche) doivent monter en puissance et l’accès aux vacations doit être facilité, notamment pour les doctorants ne disposant pas d’un financement.

C’est ainsi que la FAGE poursuivra le travail pour le développement des conditions de vie et d’études des doctorants et restera vigilante quant à l’unicité du diplôme du doctorat.

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