Le blog du Président de la FAGE

Régulièrement, le Président de la FAGE Jimmy Losfeld propose une tribune sur des sujets liés à l'enseignement supérieur et la recherche, à la jeunesse ou à la société.

Vous pouvez également y retrouver les articles d'Alexandre Leroy, Président de la FAGE de 2014 à septembre 2016.

18/01/16

Sélection à l’Université : Un aveu d’échec pour notre système d’Enseignement supérieur de la recherche

La sélection à l’entrée de l’Université est un débat récurrent qui revient de plus en plus sur le devant de la scène. Un arrêté soumis au vote à l’occasion du CNESER du 17 janvier revient également faire des remous dans ce débat houleux. En effet, ce dernier vise à légaliser une pratique récurrente du processus APB lorsqu’une filière atteint son quota maximum : la sélection par tirage au sort.

Une absurdité et un aveu d’échec de notre système éducatif, qui se sont imposés face au manque de moyens budgétaires octroyés à l’enseignement supérieur à l’heure où les effectifs étudiants augmentent d’environ 40 000 étudiants par an.

Pour la FAGE, l’enjeu majeur pour notre pays est d’accompagner la montée en qualification de la jeunesse, un enjeu économique, social et écologique pour la nation.

De plus, une précédente étude de l’OCDE démontre que les retombées économiques pour un pays représentent en moyenne 80 000 euros pour chaque étudiant de l’enseignement supérieur. D’après une enquête menée à la LERU (Ligue des universités de recherche européennes) sur trois universités françaises, chaque euro investi dans ces trois universités génère une valeur ajoutée de 4 euros à l’économie française, et chaque emploi directement créé par ces trois universités génère plus de 3 emplois dans l’économie française. Preuve que les études supérieures constituent bel et bien un investissement pour la nation, qu’il ne s’agit pas d’une dépense et qu’il y a une nécessité impérieuse d’investir massivement dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Nous appelons de nos vœux une véritable démocratisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire que l’on permette à chaque jeune d’avoir accès à des études supérieures, à un diplôme de qualité et cela dans l’intérêt de l’avenir de la nation.

Nous appelons de nos vœux une véritable démocratisation de l’enseignement supérieur, c’est-à-dire que l’on permette à chaque jeune d’avoir accès à des études supérieures, à un diplôme de qualité et cela dans l’intérêt de l’avenir de la nation. C’est la raison pour laquelle la FAGE considère que toute forme de sélection est une absurdité, un pansement sur une jambe de bois, qui ne répond pas aux enjeux économiques et sociaux d’aujourd’hui.

Le terme “sélection” est, à tout égard, galvaudé puisqu’aujourd’hui différentes formes de sélection existent déjà, notamment la sélection par l’échec. La question est donc de savoir si à notre système qui produit encore de nombreuses inégalités, notamment sociales, on doit ajouter une nouvelle forme de sélection supplémentaire. Qu’elle se base sur le tirage au sort ou sous d’autres modalités, n’est t-il pas plus pertinent de repenser l'entièreté de notre système éducatif ou au moins les liens entre enseignement secondaire et supérieur au lieu de bricoler un artifice qui n’a vocation qu'à renforcer les inégalités sociales ?

La FAGE reste une organisation pragmatique, et face à ce constat, nous prenons nos responsabilités. En effet, si la sélection n’est pas acceptable, le statu quo ne l’est pas non plus, car aujourd’hui le système d’ESR permet un taux d’échec bien trop important pour que cela soit tolérable.

La FAGE réclame une réforme ambitieuse de notre système éducatif, du lycée et de la licence, sans oublier le BAC, afin de rendre cohérent et pertinent le lien -3/+3, en favorisant l’émergence d’un lycée basé sur une spécialisation progressive et une orientation continue.

Ainsi, les néo-bacheliers seront mis en capacité de faire leur choix d’études de manière éclairé, et une véritable politique d’orientation permettra une meilleure gestion des effectifs dans les disciplines et les filières afin de réduire le taux d’échec et les réorientations.

Un financement ambitieux de l’ESR, à la hauteur de l’augmentation des effectifs étudiants, est impératif et permettra de démocratiser un ESR offrant une formation de qualité et un fort taux d’insertion professionnelle.