Budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche : Une ambition chiffrée !

08/06/16

Tandis que le budget de l’année 2017 commence à se préparer à Bercy, des ajustements budgétaires sur le projet de loi de finances 2016 touchent le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche et notamment les programmes 150 et 231 de la MIRES (Mission Interministérielle « Recherche et Enseignement Supérieur") qui impactent respectivement la formation et la vie étudiante.

Après la mobilisation forte d’acteurs majeurs de la recherche, le Président de la République est revenu sur des coupes prévues dans les programmes dédiés à la Recherche de la MIRES. Pourtant, notre système éducatif et a fortiori notre système d’enseignement supérieur fait face à de multiples enjeux. Ces enjeux peuvent être transformés en autant d’opportunités pour autant qu’on lui permette d’y faire face.

L’augmentation de la démographie étudiante universitaire est primordiale. En permettant une élévation du niveau de qualification de la société, elle revêt un impératif démocratique évident, pour autant qu’elle n’exacerbe pas les inégalités sociales. Cette élévation du niveau de qualification relève également de l’impératif économique, dans un contexte de mutation profonde de l’organisation du travail et à la veille d’une nouvelle révolution numérique. Cette dernière transformera profondément les différents métiers, et il apparaît nécessaire d’anticiper les nouveaux besoins de qualification et les aspirations individuelles et collectives à une mobilité sociale. Face à la diversité des profils, l’organisation des enseignements ainsi que les modalités pédagogiques employées seront nécessairement impactées. Dans un contexte de mutations profondes, le besoin en innovation est croissant. Il est assumé par les multiples organismes de recherche qui font également face à des difficultés de fonctionnement. Dans cette perspective, peu de cas est fait aux investissements nécessaires à l’anticipation des enjeux.

Dans une lettre en date du 21 avril 2016, le Président de la République affirme que "l'augmentation continue des effectifs appellera bientôt des ajustements budgétaires pour y faire face ". " Je saurai les prescrire, le moment venu ", assure le Président de la République en dressant l’enseignement supérieur et la recherche comme priorités du pays. C’est en substance ce qu’il a rappelé dernièrement à la Conférence des Présidents d’Universités.

Thierry Mandon, Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur et la Recherche, a eu l’occasion d’exprimer à plusieurs reprises la nécessité d’un investissement dans ce secteur. A l’occasion d’une table ronde tenue le 6 octobre 2015 à l’université Paris Dauphine, il soulignait en outre que « Consacrer un milliard d’euros en plus au supérieur est un choix politique mais la France en a les moyens ».

Or un projet de décret d’avance budgétaire les programmes de la MIRES sont aujourd’hui grevés de 122 M€ ! Plutôt que de sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche ou d’y investir, le gouvernement choisit d’en faire une variable d’ajustement du budget national.

Cette annulation de crédits porte autant sur la recherche que sur l’enseignement supérieur et la vie étudiante. En ce qui concerne la recherche, 23,07 M€ sont amputés sur la recherche dans les domaines de l’énergie, du développement et de la mobilité durable, 6,56 M€ sur la recherche culturelle et la culture scientifique, 5,00 M€ sur la recherche spatiale, et 26,05 M€ pour la recherche et enseignement supérieur en matière économique et industrielle.

L’enseignement supérieur voit son budget diminuer de 50,18 M€ et la vie étudiante se voit amputer de 10,00 M€.

Tandis que le Président de la République annonçait faire siens les objectifs de la STRANES, la FAGE sollicite une audience afin de rappeler que le budget de l’ESR ne doit pas uniquement être une priorité dans le discours gouvernemental mais aussi dans ses actes. La FAGE appellera le gouvernement non seulement à prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter d’atteindre un point de non-retour mais aussi de permettre les investissements nécessaires aux objectifs salutaires de la STRANES. Pour cela, nous appellerons le gouvernement à investir sans délai au moins à hauteur d’un milliard dans notre système d’enseignement supérieur et de recherche.

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