Indicateur du coût de la rentrée 2017 : les étudiants touchés au portefeuille !

28/08/2017

Le mot de Jimmy Losfeld, Président de la FAGE

Depuis 2002, la FAGE calcule le coût que représente la rentrée pour un étudiant et force est de constater que chaque année la note s’alourdit. En 2017, il atteint le montant de 2403,64€ soit 1,86% d’augmentation par rapport à 2016. Si cette augmentation peut sembler faible, elle est malheureusement constante depuis des années et a un impact très concret sur le quotidien des étudiants. En 10 ans le coût de la rentrée a augmenté de plus de 10%. Si le coût de la vie augmente, les ressources elles, diminuent. En effet alors que les étudiants souffrent d’une précarité toujours plus importante et que nos aides sociales ne sont pas assez justes, notamment pour les étudiants issus des classes moyennes, le gouvernement a décidé cet été de diminuer de 5 euros par mois les APL pour les
800 000 étudiants qui en bénéficient. Les coûts augmentent, les recettes diminuent, et les étudiants en payent le prix fort. Cette situation devient intenable pour les plus fragiles mais aussi pour les classes moyennes qui sont souvent oubliées par les pouvoirs publics.

Cette année encore, on observe une augmentation généralisée des loyers étudiants. Pourtant, l’accès à un logement autonome est indispensable pour l’émancipation d’un jeune mais est aussi un facteur de réussite, et, de fait, conditionne souvent l’accès à un emploi. En représentant près de 50% du budget mensuel étudiant, 510 euros en moyenne pour l’année 2017, le loyer est le premier frein d’accès au logement. Si l’encadrement des loyers apporte une réponse partielle à la problématique de l’inflation des loyers des petites surfaces, c’est le manque criant de logements pour les étudiants qui provoque cette situation et qui transforme la recherche d’un logement en un véritable parcours du combattant. Il existe par ailleurs d’autres freins, notamment celui du cautionnement locatif, système qui met en concurrence les étudiants en fonction du revenu de leurs parents, et qui creuse les inégalités sociales. C’est la raison pour laquelle la FAGE revendique depuis plusieurs années la mise en place d’un système universel et solidaire de cautionnement locatif pour tous les étudiants, par l’extension globale du dispositif «VISALE». Les annonces du Premier Ministre la semaine dernière vont dans ce sens, il reste néanmoins essentiel que tous les acteurs, élus comme partenaires sociaux, s’investissent afin de lever les freins d’accès au logement étudiant.

Le poste de dépenses qui augmente le plus en cette année 2017 est celui de la santé. Outre la légère hausse des frais de sécurité sociale c’est la part complémentaire qui augmente de près de 10%, une augmentation malvenue alors que les mutuelles étudiantes sont toujours aussi défaillantes et mettent en danger la santé des étudiants. Certes, si sur le papier la complémentaire n’est pas obligatoire, elle reste primordiale pour un accès réel à la santé et les mutuelles étudiantes profitent sans gêne de la méconnaissance des étudiants pour vendre leurs produits. Désinformation, abus et dysfonctionnements, il est urgent de mettre fin à ce système en bout de course. Les délais de remboursements sont toujours aussi importants, celui pour obtenir les cartes vitales d’autant plus, leur politique de prévention est dépassée et leur accompagnement quasi inexistant. Difficulté importante pour la santé et le portefeuille des étudiants, ce régime doit cesser, et la FAGE milite depuis 5 ans pour que les étudiants puissent être rattachés à la CNAM. La situation actuelle n’est plus tenable avec 33% des étudiants à renoncer à leurs soins, notamment pour des raisons financières. S’il s’agit de mettre un terme à un système à bout de souffle et dangereux il s’agira aussi d’en construire un nouveau, adapté aux besoins et problématiques spécifiques des étudiants, qui leur garantira le droit à vivre en bonne santé.

Ainsi, notre coût de la rentrée révèle que la situation sociale des étudiants tend à se dégrader. Si de nombreuses actions sont nécessaires pour répondre aux difficultés propres à chaque poste de dépenses, c’est également la question des aides sociales et de leur réforme qu’il faut se poser. La précarité augmente et de facto l’accès à l’université se complexifie. La FAGE souhaite voir se concrétiser une véritable Aide Globale d’Indépendance, par la fusion de toutes les aides sociales et fiscales étudiantes pour pallier cet état de fait et garantir à tous le droit de s’inscrire et de réussir des études supérieures, d’obtenir une qualification et accéder à l’emploi. A l’heure où le taux de chômage des jeunes atteint près de 25% chez les jeunes, il convient de se donner les moyens d’une réelle démocratisation de l’Enseignement Supérieur et de faire de l’Aide Globale d’Indépendance une priorité, car l’avenir de la France ne peut se construire sans sa jeunesse.