[Fil rouge] Moi(s) sans tabac 2017 : Publicité et marketing pour faire oublier les dangers liés à la dépendance

29/11/2017

Dans ce nouvel article sur le Moi(s) sans tabac, intéressons-nous aux effets du marketing sur les différentes dépendances des consommateurs. Il est connu du grand public que l’industrie du tabac pèse des milliards. Et il est aussi avéré que cette industrie n’hésite pas à user de diverses stratégies plus ou moins louables pour augmenter son chiffre d’affaires en leurrant sa clientèle sur les risques auxquels elle l’expose. En effet, « depuis les années 1950, l’industrie du tabac a développé toute une panoplie de stratégies pour ce qu’on appelle fabriquer du doute […] c’est-à-dire entretenir l’impression qu’il n’y a pas de consensus scientifique » (Stéphanie Horel, Journaliste au Monde, Vidéo Brut du 16 novembre 2017 : https://www.youtube.com/watch?v=c6mwM5tmjQ8)

Marketing et publicité dans l’industrie du tabac

Depuis plusieurs décennies, l’industrie du tabac s’efforce de modifier la composition des cigarettes, et donc de jouer sur les substances qu’elles contiennent, de manière à les rendre moins nocives pour la santé, espérant ainsi redorer une image progressivement ternie. En effet, face à l’information diffusée auprès des consommateurs sur les risques du tabagisme, les décideurs n’ont pas eu d’autres choix que de réagir.

Ils ont donc commencé par lancer sur le marché les cigarettes décrites comme « light » et « mild » (dénominations interdites aujourd’hui) et par créer de nouveaux filtres censés donner au consommateur l’illusion d’une protection. Ainsi les différents lobbys faisaient l’effort de prendre en compte la santé du consommateur. Or ces cigarettes, avec une teneur en goudron et en nicotine réduite n’avaient qu’une incidence minime sur la réduction des risques pour la santé.

Persuadés de leur nocivité moindre, les consommatrices et consommateurs les ont très vite adoptées, augmentant parallèlement leur consommation ou inhalant plus profondément, s’exposant de fait au même danger, voire pire, qu’avec leur cigarette habituelle. Les autorités sanitaires n’ont pas immédiatement remarqué ces changements de comportement.

Ces nouveaux produits, soi-disant moins nocifs, ont plutôt contribué à saper les efforts en matière de prévention et de promotion d’une vie sans tabac. Il se peut même, que dans certains cas, ils aient contribué à une hausse du taux de mortalité : leurs adeptes, convaincus de consommer un produit moins nocif, ont continué à fumer au lieu d’arrêter.

Au cours de ces dernières années, l’industrie du tabac a misé sur la fibre écologiste de tout un segment d’une clientèle plutôt jeune et engagée : en créant des emballages de cigarettes soi-disant respectueux de l’environnement, elle est parvenue à lui faire intégrer l’idée, qu’en fumant ces cigarettes « bio », elle fait quelque chose « de bien ».

Source : https://www.at-suisse.ch/fileadmin/Daten/Jugend_Schule/fr/Tabakheft_3_fr.pdf

La consommation de tabac entraîne différents types de dépendances

L’industrie du tabac, en jouant sur l’aspect marketing, tend à maintenir le tabagisme dans les pays occidentaux, et donc à entretenir la dépendance de sa clientèle pour ce produit. Il semble important de préciser à ce stade que le fumeur est souvent le « jouet » de trois types de dépendance :

La dépendance physique

Elle est due à la nicotine contenue dans la fumée du tabac qui parvient au cerveau en 7 secondes. La nicotine quittant l’organisme pour moitié toutes les 2 heures, un manque envahit alors le fumeur, qui le pousse automatiquement à allumer une cigarette pour se recharger, et retrouver la situation de bien être perdue. Ce manque, et les effets qu’il procure, sont les premières causes de difficultés et / ou d’échec pour arrêter de fumer. Il faut les surmonter pour espérer vaincre les autres formes de dépendance.

Le besoin « rituel de fumer » ou dépendance gestuelle et psycho-comportementale

L’envie de fumer, différente du besoin au départ, est toujours associé à des circonstances, des personnes et / ou des lieux qui suscitent l’envie automatique de fumer. Par exemple, ce rituel peut être lié à des moments précis de la journée : au moment de sortir de chez soi, de prendre le volant, sur le quai de la gare, pendant ou après le café ou le repas, à l’occasion des pauses...

A force de répétition, cette dépendance s’inscrit dans le cerveau, et génère l’envie de fumer qui se transforme alors en besoin.

L'attachement ou l'agrippement compulsif à la cigarette ou à la e-cigarette

Pour le fumeur, la cigarette est souvent une béquille ou une prothèse sur laquelle il lui faut s’appuyer pour des raisons qu’il peut ne pas dominer, ne pas comprendre, et qu’il aura même du mal à admettre une fois qu’elles lui seront révélées, au terme d’un travail sur lui-même. Il s’agit d’une dépendance affective violente, d’un attachement à cet objet transitionnel qu’est la cigarette classique ou électronique. Cet objet permet au fumeur de se rassurer, d’éprouver bien-être et plaisir, de gérer stress et anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc.

Les bénéfices à l’arrêt

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Les vidéos de la Fédé B

Campagne de sensibilisation de l'ANESF sur les réseaux sociaux

Action de sensibilisation à Angers par les étudiants en pharmacie