Loi Master : La FAGE saisit le gouvernement et la représentation nationale !

31/01/18

Depuis septembre 2017, des centaines de jeunes souhaitant s’inscrire en Master se sont retrouvés sur le carreau, sans affectation, en attente de réponse sur leur droit à la poursuite d’étude. Cette situation inacceptable fait suite à une mauvaise application de la réforme du Master.

Un an après le « scandale APB », il est urgent d’agir, afin que la rentrée universitaire prochaine ne soit pas touchée par un fiasco de plus. La FAGE demande au Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation de se ressaisir du sujet !

C’est dans cet objectif que le président de la FAGE a écrit aux députés pour analyser et tirer les conclusions de l’échec de l’application de la loi Master.

La rentrée 2017, en plus d'être marquée par les fortes problématiques d'accès à la première année de l'enseignement supérieur, fût la première rentrée de la réforme Master adoptée en fin d'année 2016.
 
Cette réforme, nécessaire et demandée par la FAGE, avait été validée par l’ensemble des organisations étudiantes, des syndicats d'enseignants ainsi que par la Conférence des Présidents d’Université.
 
Pour rappel, cette loi consacre deux éléments :

  1. La suppression de la sélection absurde entre M1 et M2 ;
  2. La création du droit à la poursuite d'études en Master.

Cette loi vise ainsi mettre un terme à des années de statu quo. La sélection qui régnait entre les deux années suscitait de multiples problèmes. Son coût social était conséquent puisque des étudiants ayant validé une première année de Master pouvaient se retrouver sans perspective de poursuite d’études en seconde année de Master et donc d’obtention du diplôme visé. Ainsi, ils se retrouvaient sans possibilité de valoriser leur niveau de qualification et ne pouvaient faire valoir que leur niveau de Licence sur le marché de l’emploi.
 
Parce qu'il est fondamental de permettre l'élévation du niveau de qualification de la jeunesse et donc de démocratiser l'accès au Master, nous avions à l'époque émit plusieurs points de vigilance. Le premier était la fixation éventuelle de capacités d'accueil. Il était en effet nécessaire de s'assurer qu'il n'y ait pas de diminution globale du nombre d'étudiants par Master, cela n’avait aucun sens ni au niveau pédagogique, ni au niveau de l'insertion professionnelle. Ensuite, il était important que l'ensemble des Masters respecte la mise en place de la loi. Enfin il était indispensable que les Universités jouent le jeu en communiquant avec les Rectorats pour rendre le droit à la poursuite d'études accessible et tangible.
 
5 mois après la rentrée 2017, le constat est simple : certaines Universités ont bafoué le principe même de la loi et n'ont pas respecté la philosophie de la réforme !
 
La mauvaise communication sur la plateforme trouvermonmaster.gouv.fr ainsi que sa mauvaise ergonomie n'ont pas permis à l'ensemble des étudiants d'être égaux face à la possibilité d’un recours au Rectorat pour faire valoir leurs droits. Il est urgent de repenser la forme et l'utilisation de cette plateforme et d'y permettre une gestion centralisée des candidatures. De plus, les Universités ont joué sur le temps de réponse, en faisant durer de manière très importante, voir indéfinie, l'étude des dossiers. Pour la plupart d'entre eux, elles n'ont toujours pas répondu aux Rectorats les sollicitant depuis plusieurs mois maintenant, de nombreux étudiants se retrouvent ainsi sur le carreau n'ayant pu jouir de leur droit à la poursuite d'études.
 
Enfin, de nombreux Masters ont vu leur capacité d'accueil baisser fortement, diminuant ainsi le nombre possible d'étudiants sur ce cycle. Pire, certains étudiants se sont vu refuser leur inscription alors qu’il restait des places disponibles. Pour rappel, cette loi instaure un principe de régulation des dossiers à l'entrée en Master, en garantissant une poursuite d'études en cohérence avec le projet du jeune, pas une sélection drastique comme nous l'observons aujourd'hui.
 
Ainsi, c'est aujourd'hui plusieurs centaines, voire milliers, de jeunes qui se retrouvent sur le carreau, forcés de rentrer sur le marché du travail sans garantie de pouvoir poursuivre leur formation.
 
Il est aujourd'hui inquiétant de voir comment une grande partie des Universités a sabordé cette réforme, et le nombre d'étudiants qui sont encore sans formation à l'heure actuelle.
 
Pour résoudre cette situation, la FAGE demande à ce que l'ensemble des étudiants lésés à la rentrée 2017 soit accompagné. Elle exige également l'application juste et effective du droit à la poursuite d'études. Pour cela il convient :

  • De centraliser une gestion des candidatures Master sur la plateforme trouvermonmaster.org et ainsi garantir une simplification de saisine et du traitement du droit à la poursuite d’études.
  • De renforcer le pouvoir du Recteur dans cette perspective, afin que l’autonomie des Universités ne se change pas en indépendance.

C’est pourquoi nous sollicitons votre aide pour trouver une solution pour les étudiants lésés par l’application de la réforme. Il est urgent d'alerter le gouvernement sur l’impérieuse nécessité de se saisir du sujet afin que la rentrée 2018, en plus d’être marquée par l’application de la réforme « ORE », ne soit pas marquée par le naufrage définitif de la réforme Master.

Jimmy Losfeld
Président de la FAGE

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