Rapport Mathiot : La FAGE regrette un manque d’ambition

31/01/18

Dans son rapport au Ministre de l’Education Nationale, Pierre Mathiot présente des pistes pour un lycée plus modulaire, s’affranchissant en partie de la logique de séries, et laissant plus de place au contrôle continu. Si ces ambitions sont partagées par la FAGE, les propositions concrètes restent timides.

La FAGE salue la volonté de dépasser la logique des séries actuelles, mais regrette toutefois qu’elle soit trop peu affirmée.

En effet, la mission de Pierre Mathiot ne comprend malheureusement pas le bac professionnel. Il est d’ailleurs préconisé de conserver une distinction entre général et technologique. Le cloisonnement des filières entre les différentes voies dès la fin du collège empêche à la fois l’interdisciplinarité des parcours et le partage, entre tous les bacheliers, d’un tronc commun ambitieux.

Un lycée plus modulaire

En ce qui concerne la modularité, les majeures proposées dans le rapport Mathiot sont peu nombreuses, et restent trop marquées par les séries actuelles du baccalauréat général. Le risque ici est de réinventer des séries par la trop grande rigidité du cadrage de ces majeures. La démocratisation nécessite de donner à tous les lycéens les outils pour valoriser les compétences développées dans leurs études. A cette fin, l’organisation des enseignements en bloc de compétences apparaît comme un outil nécessaire.

Une refonte de évaluation

S’agissant de l’évaluation, l’ambition de laisser plus de place au contrôle continu est atténuée par une part encore trop importante laissée au contrôle terminal (60% de la note au bac). Le contrôle continu intégral permettrait une véritable évaluation formative de l’élève, valorisant réellement ce qu’il a acquis et permettant de l’accompagner tout au long du lycée. De plus, supprimer le facteur anxiogène des épreuves terminales permettrait à chacun d’être centré sur son projet personnel et professionnel et, surtout, sur sa progression.

Ce que plaide la FAGE

Le baccalauréat, tel que mis en place aujourd’hui, est le principal facteur de l’archaïsme régnant sur l’organisation pédagogique du lycée. Censé incarner l’égalité républicaine, il est en réalité profondément injuste.

La FAGE, attachée à l’objectif d’élever le niveau de qualification global des nouvelles générations, porte le souhait de rénover notre système éducatif afin de démocratiser l’accès aux diplômes de l’enseignement supérieur. Le baccalauréat, tel que mis en place aujourd’hui, est le principal facteur de l’archaïsme régnant sur l’organisation pédagogique du lycée.


Censé incarner l’égalité républicaine, il est en réalité profondément injuste. Sa réforme est donc indispensable pour créer un continuum cohérent entre le secondaire et le supérieur.

Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes sortent du système éducatif sans diplôme, ni perspective d’avenir. C’est pourquoi la FAGE rappelle la nécessité de mettre l’accent sur l’accompagnement et l’orientation dès le début du lycée. De plus, un travail sur les passerelles est essentiel pour faciliter les réorientations. A ce titre, la création d’une seconde “commune” et le développement des lycées polyvalents (LPO) vont dans le bon sens.

La réforme du baccalauréat ne doit pas être un coup d’épée dans l’eau, et si le manque d’ambition que nous dénonçons dans le rapport Mathiot est lié au conservatisme d’une partie des organisations syndicales de l’Education nationale, alors la FAGE tient à rappeler que le statu quo n’est pas une solution envisageable. Défendre le statu quo, c’est nier les profondes inégalités de notre système éducatif, c’est défendre les élèves issus des milieux aisés au détriment de ceux issus des classes populaires qui sont pourtant bien plus nombreux. Défendre le statu quo c’est accepter de renoncer à la démocratisation de l’éducation.

Bien que le rapport apporte des pistes intéressantes, la FAGE sera pleinement mobilisée pendant les concertations à venir, afin que cette réforme soit ambitieuse et à même de réduire les profondes inégalités de l’enseignement secondaire.

Enfin, et surtout, la FAGE sera d’une extrême vigilance pour que cette réforme, à défaut d’avoir pu aboutir avant la réforme de l’accès aux études supérieures, puisse garantir l’émergence d’une articulation Bac-3/+3 cohérente, qui favorise les poursuites d’études, et concrétise la démocratisation de l’enseignement supérieur.