Intégration Universitaire : une ambition à concrétiser !

15/03/18

Dans cette période de réforme de l’enseignement supérieur, la FAGE s’est attachée à promouvoir plus de justice sociale dans nos études, en garantissant l’égalité réelle des droits pour tous les étudiants. Souvent laissées en marge des sujets médiatiques, les formations paramédicales et maïeutique subissent pourtant une ségrégation sociale inacceptable que la FAGE dénonce et souhaite résoudre par l’intégration universitaire de celles-ci, et cela depuis plus d’une décennie.

Remettre ces étudiants au coeur de l’Université, que ce soit dans la vie étudiante, par l’accès aux services universitaires et des CROUS, et dans le système de gouvernance universitaire, permettra de lutter contre les inégalités de traitements dans ces formations. Ainsi, les étudiants des formations paramédicales et de maïeutique, qu’ils soient sur des sites universitaires ou non, auront notamment accès aux bibliothèques universitaires, aux services de médecine préventive, aux subventions du Fonds de Solidarité et de Développement des Initiatives Étudiantes, aux logements universitaires, au droit de vote et de représentation dans les instances universitaires. Rappelons ici que cette intégration n’entraîne pas forcément une intégration physique dans les locaux universitaires. C’est une avancée sociale conséquente pour près de 130 000 étudiants en France.

De plus, le rapport démontre que le travail en interprofessionnalité est une chance de promouvoir la transversalité, tant en terme de pédagogie comme en terme d’attractivité des formations, et la FAGE et ses fédérations s’en félicitent. À terme, ce lien entre les formations paramédicales et de maïeutique, et l’Université, devra se consolider en une intégration pleine et entière de l’ensemble de ces formations.

La FAGE tient à saluer la qualité du travail de concertation et de dialogue social autour du rapport de Stéphane Le Bouler. Aujourd’hui, au delà des annonces, les ministres Agnès Buzyn et Frédérique Vidal ont présenté un calendrier clair, témoignage d’une volonté gouvernementale ambitieuse sur un dossier dont les évolutions stagnaient depuis des années. En effet, des mesures concrètes devraient être mises en place dès 2018-2019 : refonte du système d’entrée dans les études des étudiants en soins infirmiers, carte étudiante pour tous, création de nouvelles qualifications d’enseignants-chercheurs en sciences infirmières, en réadaptation et en maïeutique, recrutement d’enseignants-chercheurs de maïeutique par les universités dès la campagne 2019...

Il s’agit d’un processus lent et exigeant, et de nombreuses questions restent en suspens, notamment celle des frais de scolarité prohibitifs pratiqués dans de nombreux instituts, source inacceptable de discriminations sociales.

La FAGE appelle les différents acteurs à travailler de manière responsable à la mise en oeuvre effective de ces différentes mesures, dans l’intérêt des transformations nécessaires de notre système de santé et de l’égalité de traitement des étudiants de ces différentes filières. Mais pour passer des annonces à l’opérationnel, la participation constructive de l’ensemble des acteurs concernés, et en premier lieu les représentants des écoles et instituts, des universités et des régions, est plus que jamais nécessaire. Les fédérations étudiantes sauront contribuer activement à la concrétisation de ces travaux, il est de la responsabilité de chaque acteur d’en faire autant.