Budget 2019 : une augmentation inégalée mais insuffisante pour répondre aux enjeux de l’enseignement supérieur

17/10/18

Le mardi 2 octobre était présenté le projet de loi de finances pour l’année 2019 par le gouvernement. Pour la FAGE, ce budget de l’Etat pour l’année qui arrive montre un investissement important dans l’enseignement supérieur, encore trop insuffisant pour couvrir les besoins des étudiants et permettre à chacun d’étudier effectivement dans la filière de son choix.

Pour l’ensemble de la mission Recherche et Enseignement Supérieur, ce sont 549 millions d’euros de moyens nouveaux qui ont été affectés. Le financement des universités augmente de 166 millions d’euros, ce qui montre encore une fois un fléchage abstrait. Alors que les universités peinent à accueillir l’ensemble des jeunes qui le souhaitent, la recherche spatiale augmente encore de 200 millions d’euros.

La FAGE se félicite de cette hausse des moyens alloués aux universités pour financer le Plan Etudiants et l’accompagnement renforcé qu’il représente pour l’ensemble des étudiants. Cette réforme nécessite un accompagnement qu’il sera nécessaire de pérenniser pour les années à venir : développer les parcours d’accompagnement personnalisés, financer la réforme de la première année commune aux études de santé (PACES), créer un réel droit à la mobilité pour les étudiants ou simplement tenir l’augmentation de la masse salariale

Pourtant, cette augmentation reste bien insuffisante pour répondre aux enjeux de l’enseignement supérieur de demain. Alors que le nombre d’étudiants sera de 3 millions à l’horizon 2030, le budget moyen par étudiant alloué par l’Etat aux universités n’a cessé de baisser ces dix dernières années.

La réforme du Plan Etudiants nécessite des engagements financiers forts, mais les transformations profondes de notre enseignement supérieur également. Le numérique, le regroupement des établissements ne sont pas des facteurs d’économie, mais bien d’investissement massif pour mettre en œuvre ces évolutions.

Enfin, l’accompagnement des étudiants ne peut pas s’arrêter à l’Université. La baisse des aides au logement (APL) de l’année dernière n’a toujours pas été compensée. L’engagement pris dans le Plan Pauvreté de transformer l’aide à la recherche du premier emploi (ARPE) grâce à l’extension de la Garantie Jeunes aux jeunes diplômés pour leur garantir un meilleur accompagnement doit être concrétisé.

En somme, pour la FAGE, cette augmentation du budget de l’enseignement supérieur est salutaire mais était absolument nécessaire. Elle n’est en revanche pas suffisante pour répondre aux enjeux d’un enseignement supérieur à 3 millions d’étudiants, d’une université numérique, qui accompagne les étudiants, permet leur émancipation intellectuelle et leur insertion professionnelle