Service National Universel : la fausse bonne idée d’un gouvernement

17/10/18

Le 16 octobre s’est déroulé le remaniement du gouvernement. Ce remaniement a présenté la nomination de Gabriel Attal en tant que secrétaire d’Etat en charge de la jeunesse auprès du ministère de l’Education Nationale et de la Jeunesse. Le dossier prioritaire que va devoir gérer le secrétariat d’Etat va être celui de la fin des concertations et de la mise en place du Service National Universel.

Même si la FAGE partage les constats autour de la volonté de développement de la mixité sociale, d’épanouissement de la jeunesse à travers l’engagement ou encore de la réponse à la problématique d’accès aux droits, elle s’oppose à la philosophie défendue par le biais de ce service national.

La phase 1.1 du dispositif présenté actuellement correspond à 15 jours obligatoires, en internat. Même si le contenu se rapproche de la proposition de la FAGE sur l’allongement de la Journée Défense et Citoyenneté en une semaine de la Défense et de la Citoyenneté, l’obligation d’internat et l’inscription dans le dispositif SNU ne peut, pour la FAGE, remplir les objectifs fixés. Cette crainte s’explique sur plusieurs aspects. En premier lieu, la pluralité d’acteurs de cette phase, mis en avant par le gouvernement, ne répond pas à la diversité des publics. Dans une logique d’accès aux droits par exemple, ne pas faire intervenir les réseaux d’information jeunesse est une erreur importante. De plus, cette phase d’internat de 15 jours risque plus d’accroitre les clivages sociaux plutôt que de réellement créer une cohésion nationale.

En outre, l’investissement massif du gouvernement sur un projet paternaliste et poussant les jeunes vers une obligation d’engagement portée par la phase 1.2 du projet ne correspond pas aux valeurs du réseau de la FAGE.

Cet investissement pourrait être fléché tout autrement afin de répondre aux mêmes enjeux. Tout d’abord, la mise en place de ce service national démontre un échec de notre système éducatif. Cet échec nécessiterait un renforcement de ses moyens mais plus encore une réforme en profondeur de son système de financement. Par ailleurs, l’engagement de l’Etat doit se concentrer sur l’apprentissage non formel des jeunes. Si nous souhaitons créer une société d’engagement, il est indispensable de sortir d’une vision purement scolaire de l’apprentissage mais de bien réfléchir au développement personnel de chaque citoyen. Ce développement personnel ne pourra se traduire que par une pédagogie centrée sur l’apprenant nécessitant une certaine refonte des méthodes pédagogiques employées.

Dans un second temps, l’investissement massif autour du volontariat en service civique présenté au sein du projet de loi finance 2019 soulève des éléments de craintes. En effet, à la suite de la suppression des contrats aidés, les acteurs de la vie associative se sont vu perdre des moyens humains impactant négativement leur stabilité. Même si la FAGE partage la volonté de réduire la précarisation de l’emploi, il est primordial d’éviter que le volontariat en service civique ne vienne en remplacement de ces contrats.La généralisation du service civique ne doit pas ramener le débat autour de l’obligation d’engagement mais bien de permettre aux agences de mieux communiquer sur les différentes missions afin d’accompagner les jeunes à trouver leur place dans la société.

Pour finir, il est important de réinvestir auprès des régions et des collectivités territoriales. D’une part, le manque d’accès au droit est un frein notable à l’émancipation des jeunes. Ce frein doit être palier par un investissement régional dans les réseaux d’informations jeunesse (CRIJ, BIJ, PIJ, etc…) pouvant permettre en outre de mieux coordonner leurs actions. Mais également, l’investissement auprès des collectivités territoriales dans les temps périscolaires nous semble primordial. Les temps périscolaires, tels qu’au sein des centres aérés, des clubs de sport ou encore au niveau des colonies de vacances, sont primordiaux pour permettre dès le plus jeune âge une réelle mixité.