Frais d’inscription : Quand l’Europe, terre d’accueil, discrimine les étudiants internationaux

31/10/18

La FAGE a toujours défendu la gratuité de l’enseignement supérieur en France, et donc s’oppose chaque année à l’augmentation des frais d’inscription dans le supérieur. A l’échelle de l’Europe, l’European Students’ Union (ESU), dont la FAGE est membre, s’oppose à des frais d’inscription élevés et à leur augmentation pour les étudiants internationaux, alors que ce phénomène se propage sur le continent.

Pour financer de façon ambitieuse l’ESR, la FAGE propose le Pacte pour l’Education. Ce pacte permet de répondre aux enjeux de l’émancipation intellectuelle et d’élévation du niveau de qualification dans la société. Il vise à instaurer une contribution paritaire due par les entreprises et par les individus pour l’enseignement supérieur. Les individus ne paieraient cette contribution qu’une fois leur cursus académique terminé et à hauteur de leurs capacités contributives, reflet de leur niveau de qualification. La FAGE refuse ainsi l’augmentation des frais d’inscription chaque année et a même obtenu leur baisse pour la rentrée 2018.

En Europe, il existe plusieurs modèles de participation des étudiants au financement de l’enseignement supérieur.

Certains pays du Nord de l’Europe considèrent que l’enseignement supérieur est un droit et non un privilège. Le Danemark, la Finlande et la Suède exemptent totalement de frais d’inscription les étudiants et considèrent que l’Etat devrait fournir à ses citoyens un accès gratuit à l’enseignement supérieur pour favoriser l’égalité des chances et l’équité sociale.

D’autres Etats, à l’inverse financent de façon très importante l’enseignement supérieur par les frais d’inscription. C’est par exemple le cas du Royaume-Uni dont les frais d’inscription peuvent atteindre 12 000 euros par an lors du premier cycle et encore davantage pour le deuxième cycle et couvrent près de la moitié du budget des établissements d’enseignement supérieur selon une étude du Parlement européen de 2015. Au Royaume-Uni, le paiement des frais d’inscription peut être effectué après l’obtention du diplôme pour les familles à faibles revenus. La FAGE s’oppose à ces frais d’inscription très élevés qui ne sont pas un gage de qualité de l’enseignement supérieur anglais : les établissements qui font payer les frais d’inscription les plus élevés ne sont pas ceux qui accompagnent le mieux les étudiants. Ce système pèse surtout fortement sur les familles et crée un endettement précoce alors que le jeune n’est pas encore entré dans le monde professionnel.

D’autres Etats offrent des places gratuites dans les établissements aux étudiants ayant obtenu de bons résultats et font payer des frais d’inscription à ceux ayant des résultats académiques plus faibles. C’est le cas de la Lituanie ou de la Slovénie. La FAGE s’oppose à cette pratique car elle est discriminatoire en ce qu’elle empêche toujours les mêmes catégories sociales défavorisées d’accéder à l’enseignement supérieur. En ce sens, ce système ne permet pas à l’enseignement supérieur d’être ouvert à tous et la seule solution pour la FAGE reste la gratuité de l’enseignement supérieur.

Enfin, d’autres pays ont décidé de diminuer leurs frais d’inscription ces dernières années. Par exemple, l’Allemagne avait commencé à introduire des frais de scolarité élevés en 2007 dans ses Ländern. Mais cette pratique a progressivement été abandonnée ces dernières années et jusqu’en 2017, l’enseignement était gratuit dans toute l’Allemagne.

Pourtant, à compter de la rentrée 2017, dans la région du Bade-Wurtemberg allemand, les étudiants internationaux non-européens ont commencé à payer des frais d’inscription plus élevés que les étudiants résidents de l’Union européenne. Cette augmentation sert à diminuer le déficit de l’Etat. L’ESU a condamné cette pratique qui se développe également en Belgique francophone ou même en Ecosse. Elle va à l’encontre de l’inclusion de toutes et tous dans l’enseignement supérieur et de l’égalité envers les étudiants internationaux qui sont souvent défavorisés lorsqu’ils arrivent en Europe pour y étudier.

La FAGE a réaffirmé son opposition à l’augmentation des frais d’inscription pour toutes les catégorie d’étudiants, notamment les étudiants internationaux, en juin 2018. Elle travaille avec l’ESU pour promouvoir la gratuité de l’enseignement supérieur pour toutes et tous partout en Europe.