Projet de loi ”L’école de la confiance” : rejet massif d’un projet non concerté !

14/11/18

Malgré la promesse du ministre Blanquer lors de sa nomination de ne pas réformer l'école, lors du CSE du 15 octobre dernier le projet de loi portant sur "l'école de la confiance" a été présenté. Ce projet de loi vise deux grands objectifs : améliorer le niveau général des élèves et instaurer davantage de justice sociale à l'école. Pour autant, dans les faits les moyens proposés amènent à s’interroger sur bien des points de cette réforme.

En effet, un volet du projet prévoit un certain nombre de changements dans la formation des enseignants du secondaire et des professeurs d’école. Aujourd’hui la responsabilité de la formation des futurs professeurs et enseignants est attribuée aux ESPE. Ces écoles regroupées par académie sont rattachées aux universités et permettent une répartition des étudiants stagiaires sur un territoire. Si la FAGE souligne l’importance d’une coordination nationale dans la politique de formation des enseignants, celle-ci ne peut justifier la disparition de démocratie et le passage d’un système où le directeur est élu à un système où il est nommé. 

Par ailleurs le contrat de mission éducative proposé dans ce projet de loi peine à remplir les fonctions qu’on ne saurait lui incomber. S’il est plus que nécessaire aujourd’hui de susciter la vocation d’enseignement dès le début des études supérieures, il faut aussi prendre en considération une réalité de terrain. Un accompagnement serait nécessaire à un étudiant en deuxième année de licence tant sur le fond et les bases de la pédagogie que dans la forme. Nous ne cesserons de répéter combien il est difficile aujourd’hui pour un étudiant de s’investir dans un mi-temps sans délaisser une partie de ses études.

S’il est évident que ces contrats de mission éducative doivent s’inscrire dans la formation d’un étudiant, ils ne sont en aucun cas un moyen de pallier le manque d’enseignants et de professeurs des écoles ou encore la diminution du nombre de places ouvertes sur les concours CAPES/CRPE/CAPEPS. L’école de la confiance nécessite des moyens à la hauteur de ses objectifs.

A l’heure où le gouvernement annonce une diminution de 2 650 postes dans les collèges et les lycées, la FAGE ne peut accepter de voir que l’éducation est encore une cible pour réduire la dépense de l’Etat. Ces annonces vont grandement participer à diminuer la qualité des conditions de travail et d’enseignement dans les établissements. A l’heure ou notre système éducatif ne répond plus aux objectifs fixés, et où les équipes pédagogiques atteignent déjà des plafonds d’heures supplémentaires trop importants, il est du devoir du gouvernement d’investir grandement dans notre système éducatif.

Aussi l’absence de concertation en amont de l’élaboration du projet ainsi que les nombreuses difficultés soulevées ont contraint la FAGE à s’opposer à ce projet lors de sa présentation au CSE et au CNESER. L’école de la confiance se doit d’être construite avec les acteurs qui la concerne.

De plus, cette année sera l’occasion d’avancer sur le chantier de la réforme du concours du CAPES, CAPEPS, CRPE. La FAGE dénonce depuis des années l’incohérence d’un système où la formation des futurs enseignants se résume à du bachotage, et demande la mise en place d’une réelle formation à la pédagogie, sur un véritable cycle de 4 semestres en master. La FAGE sera donc force de propositions concrètes sur le sujet.

Enfin, à l’aube de l’ouverture des concertations sur le cadre règlementaire de la formation des enseignants, la FAGE sera attentive à ce que le gouvernement soit à l’écoute des premiers concernés.

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