#LetUsStudy : la FAGE continue la mobilisation pour les étudiants internationaux !

09/01/19

Le 15 novembre, le Premier Ministre annonçait qu’à compter de la rentrée 2019, un plan d’envergure pour attirer les étudiants internationaux en France serait mis en œuvre. Parmi les mesures, l’une des plus controversées concerne l’augmentation des frais d’inscription des étudiants non-communautaires. Ces frais passeraient à 2 770 euros en licence et à 3 770 en master. Alors que le reste du plan Bienvenue en France semble intéressant, la FAGE a déjà eu l’occasion de rappeler que l’augmentation des frais des étudiants internationaux était inutile, injuste et dangereuse.

Grâce à l’action de la FAGE, de ses élus et de la plateforme LetUsStudy.fr, la plupart des universités ont aujourd’hui voté une motion dans leurs conseils de gouvernance ou exprimé leur désaccord avec la mesure, souvent en demandant à ce qu’une concertation soit mise en œuvre. Dans ce contexte de mobilisation massive, le Gouvernement a reculé sur son annonce, présentant aujourd’hui la mesure d’augmentation des frais d’inscription comme facultative pour les universités.

Pour la FAGE, le caractère facultatif de la mesure ne ferait qu’accentuer la hiérarchie entre les différents établissements d’enseignement supérieur, attribuant encore davantage de ressources à des universités déjà connues internationalement sans traiter le problème profond du financement de l’enseignement supérieur français. On aurait alors une population d’étudiants internationaux partagée entre ceux pouvant payer les frais d’inscription dans des universités qui choisissent ces frais, et les moins fortunés qui iraient dans les autres. Le risque est également de voir une diminution ou une stagnation des financements de l’Etat, incitant fortement l’établissement à ne pas renoncer à cette manne financière dans une situation économique difficile. La FAGE ne saurait accepter que le financement de l’enseignement supérieur se fasse en s’appuyant sur ces « nouvelles ressources » qui ne cachent en réalité qu’un glissement du financement public vers un financement personnel de l’enseignement supérieur public.

Pourtant, l’enjeu du financement de notre enseignement supérieur est réel et mérite une transformation profonde après une concertation d’ampleur. Aujourd’hui certaines formations des universités à destination d’étudiants internationaux free-movers sortent du cadre des diplômes nationaux LMD. Ces diplômes d’université sont monnayés plusieurs milliers d’euros aux étudiants internationaux, ne font pas l’objet d’une reconnaissance en France et leur contenu n’est pas évalué par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. Ces formations montrent le besoin déjà existant des établissements de pouvoir trouver de nouvelles sources de financement, mais également celui de pouvoir adapter leurs formations aux besoins des étudiants internationaux.

Face à ces besoins, la FAGE propose depuis plusieurs années des solutions structurelles. Cela passe d’abord par mieux utiliser les possibilités de financement ouvertes par la formation continue, à l’heure où se développe une formation tout au long de la vie. Nécessitant un meilleur outillage des universités, notamment par le MESRI, la formation continue peut être génératrice de ressources propres extrêmement importantes pour les universités en mettant notamment à contribution les entreprises.

Cette première mesure rentre dans un cadre plus global qu’est le Pacte pour l’Education. Une contribution paritaire permettrait tant aux entreprises qu’aux individus de participer au financement de l’enseignement supérieur. Cette taxe paritaire permet aux individus de contribuer à hauteur de leur salaire, reflet de leur niveau de qualification et donc de leurs études.

Le Gouvernement a raison de dire que le financement de l’enseignement supérieur est une vraie question. Mais la FAGE ne pourra pas accepter que la réponse soit le financement personnel de la formation dans l’enseignement supérieur, quand bien même il existerait déjà dans les faits. C’est par l’ambition de la création d’un système démocratisant et qui permet à tous de bénéficier d’une formation de qualité que nous y arriverons. C’est également par l’ambition de transformer en profondeur et pas en surface.