Service National Universel : valeurs républicaines ou militarisation ?

23/01/19

Le 16 janvier dernier, Gabriel Attal secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Education Nationale a annoncé le décor de la phase de préfiguration du SNU. Cette annonce vient définir une phase qui se déroulera la deuxième quinzaine de Juin 2019 pour environ 3 000 jeunes appelés sous la base du volontariat. Aujourd’hui 13 départements (un dans chaque région) ont été désigné pour la première année de mise en place de ce Service National. La volonté du gouvernement est d’avoir un panel de 3 000 jeunes représentant l’ensemble du public existant (apprenti, jeune décrocheur, jeune scolarisé, jeune en situation de handicap...). La première phase sera sujette à une mobilité géographique, ainsi, les jeunes ne réaliseront pas leur service dans le département où ils habitent. Ils seront hébergés dans différentes structures d’accueil (internats, bâtiments dépendant du ministère des armées, centres de formation...).

La FAGE s’inquiète des dernières annonces notamment vis à vis de la description du déroulé de la première phase. En effet, chaque jeune se verra remettre un trousseau avec un uniforme. Au niveau de l’encadrement, différents éléments sont inquiétants. Tout d’abord, les jeunes seront encadrés par des tuteurs eux même encadrés par des encadrants plus expérimentés. Les armées seront mobilisés pour former les encadrants comme des titulaires du BAFA ou des éducateurs spécialisés par exemple. Elles participeront à l‘encadrement global du séjour et à un certain nombre de modules de formation.

Au-delà du fait qu’un tel dispositif vient déformer le rôle des animateurs BAFA, le gouvernement s’était engagé à réduire au maximum la portée militaire du dispositif. Pour autant cette dernière est omniprésente autant dans son cadre que dans son contenu. En effet, chaque journée commencera par un salut au drapeau et le chant de l’hymne national. Sous couvert d’adhésion aux valeurs républicaines et de mixité sociale, le gouvernement nous propose aujourd’hui un projet se rapprochant d’un service militaire.

Pour ce qui est de la deuxième phase d’engagement obligatoire les jeunes seront accueillis entre juillet 2019 et juin 2020 pendant 15 jours étalés ou regroupés auprès d’association, de collectivité ou de corps en uniforme. Encore une fois la question des corps armées est mise en avant. La FAGE s’est toujours positionnée en défaveur d’une phase d‘engagement obligatoire du fait du risque de dénaturation du sens même de l’engagement. A la suite de cette première année de préfiguration aura lieu une phase d’évaluation du dispositif. L’évaluation d’un dispositif de volontariat pour à terme le rendre obligatoire pose la question du biais de cette dernière.

Il faut ainsi rappeler que même si les objectifs de mixité sociale, de sensibilisation à l’engagement, ou encore de formation sur le fonctionnement de notre système de santé par exemple sont partagés, le contenu et la forme ne sont, pour la FAGE, pas adéquats. A l’heure où l’éducation nationale, l’enseignement supérieur ou encore le financement des associations auraient besoin d’un renforcement de leur financement le gouvernement décide de porter un dispositif coûtant un milliard sept-cents millions d‘euros plutôt que de soutenir les actions du service public déjà existantes.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous améliorer votre navigation et réaliser des statistiques de visites.

En savoir plus et paramétrer les cookies