L’engagement de la FAGE contre les violences sexistes et sexuelles

15/05/19

La FAGE prône un modèle inclusif visant à réduire les inégalités et à combattre les discriminations. C’est dans cette démarche, par le biais de l’éducation populaire, qu’elle a également entamé sa lutte il y a quelques années contre les violences sexistes et sexuelles. 

Les comportements sexistes, présents depuis toujours dans notre société naissent de préjugés qui concernent les différents genres et vont influencer nos gestes et nos attitudes au quotidien. C'est aujourd’hui ces stéréotypes de genre qui sont premiers générateurs d’inégalités. Mais une conséquence de ces préjugés est également le phénomène d’objectivation et de sexualisation des femmes entretenant ce que l’on appelle la “culture du viol”. Elle se manifeste à toutes les occasions : ce sont des répliques au quotidien qui la banalisent, les images passées dans les médias (séries, publicité, clips...), mais aussi la culpabilisation des victimes de violences sexistes et sexuelles. C’est cette culture qui entretient et banalise aujourd’hui les violences sexistes et sexuelles, et par ce terme on entend tout acte (viols ou tentatives de viol, attouchements sexuels, pelotages, baisers imposés), commis par contrainte, menace ou violence liée au genre.

Pour illustrer, la part que représente les violences sexistes et sexuelles dans la population, près d’une femme sur 7 sera agressée sexuellement au cours de sa vie, sur cela, 1 femme sur 10 seulement portera plainte. Le viol ou les tentatives de viol concernent 94 000 femmes sur une année.

Bien que ces violences ne soient pas nouvelles au sein de notre société, il a fallu attendre la vague #balancetonporc ou #MeToo pour conscientiser la population, et permettre à de nombreuses victimes de faire entendre leur voix.

La FAGE, au même titre que n’importe quelle organisation ne peut être épargnée par ce phénomène. Depuis quelques années, elle cherche à combattre cette problématique au sein de son réseau, qui peuvent se manifester sous plusieurs formes (affiches ou propos sexistes, comportements violents). En s’appliquant à développer une politique de formation, des dispositifs de prévention et en dénonçant ces violences, elle souhaite faire évoluer les mentalités et incarner son modèle inclusif. C’est en condamnant ce type de comportements et en se montrant ferme que nous pourrons en finir avec ces violences malheureusement encore trop présentes malgré la prise de conscience.

Dans un but non seulement de lutter contre violences mais aussi d’accompagner les victimes, le dispositif des Trusted People a été mis en place lors des événements de la FAGE. Il s’agit d’un dispositif de personnes dites “de confiance”, qui sont disponibles 24h/24 tout au long d’un événement, vers qui se tourner lorsque l’on subit ou se retrouve témoin d’une agression. Ils ont pour rôle ensuite d’accueillir, d’être à l’écoute de la victime, et de l’accompagner. Dans l’optique d’enrichir les différents dispositifs qu’elle développe, la FAGE travaille avec différent.e.s acteur.rice.s, et cherche à développer des formations spécifiques afin de mettre en compétence son réseau. Ce fut d’ailleurs l’objet d’un premier travail, lors d’une session de formation avec le Collectif Féministe Contre le Viol (CFCV) qui a pu apporter son expérience du traitement et de l’accompagnement de victime de violences.

Mais outre le fait que les événements festifs peuvent être le théâtre de ce genre de violences, celles-ci peuvent se retrouver au quotidien dans l’enseignement supérieur. En effet, qu’il s’agisse d’agressions à la sortie des cours, ou de harcèlement dans le cadre scolaire ou à l’occasion d’un stage, ces situations inadmissibles perdurent et ont des conséquences graves et néfastes chez les victimes, allant jusqu’à leur faire arrêter leurs études. Trop peu de ces victimes d’ailleurs osent prendre la parole, ou entamer des démarches judiciaires. Ceci peut s’expliquer aussi par le manque d’interlocuteurs et de lieux d’écoute de proximité de ces victimes.

En 2018, une politique plus ambitieuse fut annoncée par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche et de l’innovation en matière d’égalité de genre et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ainsi une feuille de route fut dressée décrivant les axes d’actions des universités sur le sujet :

  • Mise en place de référents de lutte contre ces violences et promotion de l’égalité dans les universités,

  • Développement de cellules d’écoute et d’accompagnement de victimes de violences sexistes et sexuelles,

  • Organisation de campagnes de communication,

  • Mise en place de formations et d’un réseau de formateurs sur la manière d’agir et lutter contre ces violences.

Plusieurs autres acteur.trice.s contribuent à l’application de cette feuille de route en apportant des outils pour les établissements d’enseignement supérieur et pour les associations pour agir, comme l’ANEF (Association Nationale des Études Féministes), la CPED (Commission Permanente des chargé.e.s de mission Egalité-Diversité) ou le CLASCHES (Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement sexuel dans l’Enseignement Supérieur) qui a développé le guide d’information sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur.

Aujourd’hui, un constat est nécessaire pour évaluer la tenue de ces paroles, notamment sur le nombre de cellules d’écoute ayant vu le jour au sein des universités.

C'est dans l’optique de travailler sur le développement de ces dispositifs, et d’accompagner les victimes dans l’enseignement supérieur que la FAGE continue d’œuvrer à travers son pôle de défense des droits, et qu’elle s’entoure de différent.e.s acteur.rice.s afin de mettre en place des actions de lutte.

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