Précarité étudiante : des mesures de surface ne suffiront pas !

20/11/2019

Plus de 10 jours après l’immolation par le feu d’un étudiant devant le CROUS de Lyon, qui dénonçait sa situation de grande précarité, la FAGE tient une nouvelle fois à réitérer son soutien à ce jeune, sa famille et ses proches. 

La précarité étudiante est bien réelle, et son impact sur les millions d’étudiants en France n’a cessé de croître ces dernières années. 20% des 18-24 ans vivent sous le seuil de pauvreté, et plus d’un tiers des étudiants ont une activité rémunérée pour subvenir à leurs besoins pendant leurs études. Nombreux sont celles et ceux qui doivent renoncer à des soins pour des raisons financières et sacrifier des repas lors des périodes difficiles. S’ajoutent à cela les difficultés pour se loger quand le prix moyen des loyers ne cesse d’augmenter. Une récente enquête de l’IFOP pour la Fondation Jean Jaurès et l’association Chemin d’Avenir montre d’ailleurs qu’une famille sur deux n’a pas la possibilité de financer un logement à son enfant en dehors de sa région ou académie. 

Pourtant, malgré les nombreuses alertes lancées par la FAGE et l’ensemble de la communauté universitaire, la situation ne change pas, se dégrade. Et pour cause : la réforme nécessaire des bourses étudiantes n’a pas été menée, les plans de construction de nouveaux logements sociaux étudiants sont insuffisants ... Et pire, les aides aux logements ont été désindexées de l’inflation et amputées de 5 euros par mois en 2018. Chaque année la jeunesse trinque et se voit utilisée comme une variable d’ajustement du budget de l’état. La colère et la détresse montent sur les campus, les étudiant.e.s refusent que notre génération soit celle de la « génération sacrifiée »

ZOOM AGORAé

Depuis 2011 maintenant, le réseau de la FAGE qui œuvre quotidiennement sur les campus dans une démarche de solidarité et qui ne pouvait pas se résoudre à voir des étudiant.e.s se priver de nourriture, de soins, de chauffage, a mis en place le projet AGORAé. Les AGORAé sont des espaces d’échanges et de solidarité qui se composent d’un lieu de vie ouvert à tous et d’une épicerie solidaire accessible sur critères sociaux. Portées et gérées par des étudiants pour des étudiants, les AGORAé sont des lieux non-stigmatisants œuvrant à l’égalité des chances d’accès et de réussite dans l’enseignement supérieur. Aujourd’hui, c’est 20 AGORAé qui accompagnent plusieurs milliers de bénéficiaires annuellement et qui en accueillent encore plus dans les lieux de vie de ces épiceries. 

Mardi 19 novembre, après que les organisations étudiantes aient été reçu par Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale et à la Jeunesse puis Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, des mesures ont pu être annoncées. Ces mesures qui consistent principalement à lutter contre le non-recours aux droits et à mettre en place la trêve hivernale dans les résidences CROUS, même si elles sont nécessaires, sont largement insuffisantes face à la crise de la précarité étudiante que nous vivons depuis trop longtemps. La FAGE ne peut se contenter de ses réponses et restera mobilisée. 

La FAGE continue et continuera d’exiger des mesures d’urgences, des réformes en profondeur et un investissement massif. L’urgence est de revaloriser les montants des bourses étudiantes. Ensuite, il est plus que nécessaire de réformer les aides sociales destinées aux étudiant.e.s et d’y investir fortement. Il est aujourd’hui plus que nécessaire d’investir pour garantir à toutes et à tous l’accès à l’enseignement supérieur dans des conditions adéquates. La jeunesse doit être une priorité.

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