Violences faites aux femmes : quand les annonces ne sont pas à la hauteur !

04/12/2019

Le 23 novembre nous étions 150 000 en France à battre le pavé pour interpeler le gouvernement sur l’importance de mettre en place de réels moyens et changements dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Le 25 novembre sont parues les mesures du Grenelle des Violences Conjugales, jugées décevantes par les organisations du collectif NousToutes. Ce même jour, au Chili, le groupe féministe Las Tesis s’est fait connaître à travers une mobilisation tonitruante.

Photo de Victor R. Zepeda (@victorframess sur Instagram)

Les annonces du Grenelle contre les violences conjugales ont laissé un goût amer aux militant.e.s qui se mobilisent depuis de nombreux mois maintenant et qui ont notamment participé à ce Grenelle. En effet, c'est d’abord la grande faiblesse des moyens alloués qui interpelle les associations. Le collectif #NousToutes a d’ailleurs publié une analyse expliquant que les annonces budgétaires effectuées par le gouvernement étaient embellies et bien loin des attentes. 

De plus, sur les 30 mesures annoncées dans ce Grenelle, beaucoup sont déjà prévues par la loi, comme par exemple l’égalité femmes-hommes obligatoire depuis la loi de Refondation de l’Ecole en 2013 (art.70). Le problème est donc la non-application des lois, et le gouvernement ne détaille aucune mesure pour faire changer les choses alors que des instances comme le Haut Conseil à l’Egalité proposent de nombreux outils, que les associations pointent entre autre le manque de places en centres d’hébergement, de ressources, que le collectif #NousToutes propose des mesures objectives à mettre en place comme une campagne de prévention contre les violences, ainsi que le même système de prévention que la sécurité routière dans les écoles.

En parallèle de ces annonces,le 25 novembre à Santiago du Chili, le collectif féministe Lastesis (Les thèses) se rassemblait dans la rue pour réaliser une action coup de poing sur un rythme guerrier. Les militant.e.s, scandent, les yeux bandés et le corps pointant tour à tour les responsables, des paroles tranchantes «El patriarcado es un juez que nos juzgapornacer». Ce chant a rapidement raisonné sur les places des villes du monde entier : Londres, Istanbul, Berlin, Bogota, Amsterdam, Bruxelles … Et vendredi dernier à Paris en version française devant la tour Eiffel.

Le collectif Lastesis (les thèses) est né de l’union de quatre activistes chiliennes : DafneVALDES, Sibila SOTOMAYOR, Paula COMETA et Lea CACERES, qui se sont données pour but de traduire les thèses féministes en art percutant à l’image de la performance «Un violador en tu camino» (un violeur sur ton chemin), et ont réalisé cette démonstration à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes.

Ce chant, qui prend les allures d’un nouvel hymne féministe international, symbolise la colère qui gronde face à l’inaction de certains gouvernements. Sa diffusion à travers le monde illustre la solidarité entre les peuples pour obtenir des changements profonds.



El patriarcado es un juez
Que nos juzga por nacer
Y nuestro castigo… 
Es la violencia que no ves
El patriarcado es un juez
Que nos juzga por nacer
Y nuestro castigo… 
Es la violencia que yaves
Es femicidio
Impunidad para el asesino
Es la desaparición
Es la violación
Y la culpa no eramía, ni dondeestaba, ni comovestía. 
Y la culpa no eramía, ni dondeestaba, ni comovestía. 
Y la culpa no eramía, ni dondeestaba, ni comovestía. 
El violador eras tú
El violador eres tú
Son los pacos, 
Los jueces, 
El estado, 
El presidente, 
El estado opresor es un macho violador.
El estado opresor es un macho violador.
El violador eras tú
El violador eres tú
Duerme tranquila
Niña inocente
Sin preocuparte del bandolera
Que por tu sueños
Luce sonriente
De la forma en que carabineros
El violador eras tú
El violador eres tú
El violador eres tú
El violador eres tú


Le patriarcat est un juge

Qui nous juge d'être née

Et notre punition ...

C'est la violence que tu ne vois pas

Le patriarcat est un juge

Qui nous juge d'être née

Et notre punition ...

C'est la violence que tu vois

C'est le féminicide

L'impunité pour le tueur

C'est la disparition

C’est le viol

Et ce n'était pas ma faute, ni où j'étais, ni comment je m'habillais.

Et ce n'était pas ma faute, ni où j'étais, ni comment je m'habillais.

Et ce n'était pas ma faute, ni où j'étais, ni comment je m'habillais.

Le violeur c’est vous

Le violeur c'est toi

Ce sont les flics,

Les juges,

L'Etat,

Le Président,

L'Etat oppressif est un violeur masculin.

L'Etat oppressif est un violeur masculin.

Le violeur c’est vous

Le violeur c'est toi

Dors paisiblement

Innocente enfant

Sans redouter le brigand

Car sur tes doux rêves souriants

Veille le carabinier, ton amant

Le violeur était vous

Le violeur c'est toi

Le violeur c'est toi

Le violeur c'est toi

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