Vote dématérialisé dans les universités : des premières expérimentations mitigées

18/12/2019

Alors que les universités sont cette année dans un renouvellement de leurs conseils d’établissements, de nouveaux modes de scrutin semblent apparaitre.

Si, la majeure partie des universités fonctionne sur un modèle de suffrage direct, certaines autres font exception et sont sur un modèle indirect. Au-delà de ces modes de scrutin, nous avons pu constater cette année l’émergence du vote électronique lors des élections universitaires de Grenoble Alpes. 

Pour permettre la mise en place de ce vote électronique, une semaine complète était dédiée à cette échéance. Durant cette semaine entière justifiée sur la base de l’augmentation du taux de participation, nous avons pu constater que l’intérêt porté n’était pas plus conséquent. Près de 4000 étudiants, soit moins de 7% des étudiants inscrits dans l’établissement ont voté électroniquement avec un nombre de votes blancs et votes nuls encore jamais vu sur les campus universitaires. 

Si l’objectif de ce vote électronique est d’augmenter la participation, nous nous apercevons bien rapidement, que ce dernier n’est pas atteint. Taux de participation stagnant, voire faible, marge d’erreur de vote trop conséquente, enlèvement du sentiment de citoyenneté; de nombreux éléments qui laissent sceptique quant à l’intérêt de ce mode de scrutin. 

Alors que la volonté des organisations citoyennes, et de jeunesse est de rendre les jeunes acteurs de notre société, il semblerait que ce vote dématérialisé les en éloigne. Celui-ci doit être cadré, clair et ne devrait pas être la seule solution proposée. Les temps démocratiques dans les universités qui sont incarnés par les élections étudiantes notamment ne doivent pas être détournés, et éloignés des bases de la démocratie. Ces temps-là, doivent permettre aux étudiants de s’exprimer sans dérives. 

La FAGE s’est toujours fortement mobilisée pour faire augmenter le taux de participation aux élections étudiantes dans les établissements d’enseignement supérieur. Cependant, le vote uniquement numérique n’est pas, selon nous, une réponse positive. Au-delà des difficultés rencontrées lors de ce test à Grenoble, les chiffres nous montrent que la participation n’a pas augmenté, au contraire. La FAGE met en avant depuis des années que la communication autour des élections doit être renforcée et pour cela, que des dates beaucoup plus rapprochées pour toutes les universités serait une première solution. En effet, cela permettrait de faire une communication forte et unique à l’échelle nationale.

La FAGE est prête à réfléchir et échanger avec le ministère de l’enseignement supérieur afin de proposer un système favorisant la participation de toutes et tous ! 

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