Une rentrée sous convocation

Alors qu’un nombre réduit d’étudiant.e.s retrouvent les bancs de l’université en cette rentrée, retour sur la circulaire du 19 décembre qui encadre l'accueil des publics dits prioritaires dans les établissements.

En cette période de crise sanitaire, sociale et économique, les établissements d’enseignement supérieur peinent à retrouver un fonctionnement optimal qui puisse bénéficier à l’intégralité des étudiant.e.s. Depuis 2019, on compte 43 300 étudiant.e.s de plus et parmi eux, 8 étudiants sur 10 qui déclarent que le premier confinement a provoqué un décrochage et 38,9% expriment avoir rencontré des problèmes pour accéder à internet.

Par suite de l’annonce d’un retour progressif au présentiel par le Président de la République ainsi qu’aux mobilisations de la communauté universitaire, la circulaire du 19 décembre a vu le jour afin de dresser les conditions de la rentrée de l’année civile 2021.

Dans cette circulaire l'attention est principalement portée sur l’accueil des publics les plus susceptibles de souffrir de l’exclusivité du modèle distanciel : jeunes nouvellement arrivés dans l’enseignement supérieur, étudiant.e.s en situation de handicap, en situation de précarité numérique, en décrochage, étudiant.e.s internationaux mais aussi, au cas par cas, de "tous ceux et celles qui appellent l'attention [des enseignants] du fait de l'urgence ou de circonstances individuelles particulières".

Mais, celle-ci impose une très faible limite de 10 personnes par groupe, sur convocation. Si porter une attention particulière est souhaitée, elle ne peut se faire avec parcimonie. Les universités sont en capacité d’évaluer le nombre d’étudiant.e.s qu’elles peuvent accueillir afin de respecter les consignes sanitaires, ce qui permettrait de donner un accès au présentiel à un nombre optimal d’étudiant.e.s ; en ce sens, fixer un nombre maximum ne semble pas souhaitable pour l’ensemble des acteur.ice.s de l’enseignement supérieur et de la recherche.

La FAGE souhaite également rappeler que les universités ne sont pas des lieux de contamination (mais de détection des cas covid+ ou contact) malgré les discours parfois accusateurs à l’encontre des jeunes, qui paient actuellement de leur santé mentale les dommages de cette crise : isolement, anxiété et stress. Aujourd’hui un étudiant sur deux éprouve un sentiment de solitude et presque un étudiant sur trois un sentiment de détresse psychologique, comment choisir parmi tous ces publics fragilisés seulement 10 étudiants et étudiantes ? 

La FAGE demande à ce que les universités puissent retourner à un fonctionnement favorisant au maximum le lien entre les étudiant.e.s entre eux mais aussi avec leurs enseignant.e.s, ainsi que les universités soient dotées de moyens suffisants pour prendre en charge ce public sensible, tout en assurant sa mission auprès du plus grand nombre. Cela nécessite la suppression d’un seuil maximal de 10 étudiants, mais aussi un investissement d’urgence pour la santé mentale des jeunes. 

Vice-Président.e.s Étudiant Signataires 

Aymeric Tonneau - Université de Paris Nanterre

Bérangère Poncet - Sorbonne université

Camille Kuberski - Université du Littoral-Côte-d’Opale

Djibrilla Noma - Université Lyon 1 

Etienne Matignon - Université de Paris 

Félix Garnier - Université de Clermont Auvergne 

Jean-Philippe Espallargas - Université Côte d’Azur

Lilian Loëgel - Université Bretagne Occidentale 

Maëlle Lucas - Université Bretagne Occidentale 

Miryam Bercher - Université Picardie Jules Verne 

Nassim Meddad - Université Toulouse 3

Paul Marsan - Université de Bordeaux 

Quentin Raveau - Université de Tours 

Théo Madec Guillot - Université de Nantes 

Yann Sapet - Université Jean Monnet, Saint-Étienne 

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