Victoire : des protections menstruelles gratuites pour tou.te.s les étudiant.e.s

Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a annoncé récemment la mise en place de distributeurs de protections menstruelles gratuites dans les lieux de vie et d’étude afin d’assurer la gratuité complète des protections périodiques pour tou.te.s les étudiant.e.s. Ces mesures viennent saluer le travail de longue haleine de la FAGE dans la lutte contre la précarité menstruelle.

Lutter contre la précarité

Depuis la création des restaurants universitaires par les associations étudiantes, nos structures n’ont jamais cessé de lutter contre la précarité des étudiant.e.s que ce soit par les projets qui impactent durablement la vie des jeunes comme les AGORAé, mais aussi en étant à l’initiative de changements structurels à travers des motions dans les conseils où siègent les étudiant.e.s. 

Dès le début de la crise sanitaire en mars 2020, la communauté étudiante a été l’une des plus impactées par la pauvreté. Pour rappel 20% des étudiant.e.s vivent sous le seuil de pauvreté. Pour la moitié de cette population estudiantine, une autre charge existe?: celle de la précarité menstruelle. 

Au vu du manque de données sur ce phénomène, l’Association Nationale des Etudiant.e.s Sages-Femmes (ANESF), l’Association Fédérative des Etudiant.e.s Picto-Charentais.es (AFEP) et la Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE) ont porté la première enquête nationale sur la précarité menstruelle chez les étudiant.e.s, afin de visibiliser un sujet aux enjeux économiques, sociaux et politiques bien trop souvent passé sous silence.

Un impact social, physique et mental

Au terme de cette enquête, des chiffres et témoignages révélateurs d’une réelle détresse sont ressortis?: 

  • 1 étudiant.e.s sur 10 déclare fabriquer ses propres protections faute de moyens financiers (bouts de tissus, coton, …) 

  • 13% des répondant.e.s déclarent avoir dû faire un choix entre des protections menstruelles et des produits de première nécessité (nourriture, gel douche, …)

Si la question de la précarité menstruelle est bien entendu économique, les enjeux sont aussi sociétaux et il est nécessaire de sortir du schéma binaire selon lequel seules les femmes ont leurs règles. Car en réalité certaines femmes ne sont pas menstruées, pour des raisons médicales (malformations, maladies, …),ou par choix (prise d’une pilule en continue, ce qui est sans risques) et les hommes transgenres et personnes non-binaires peuvent également avoir des règles.

Les conséquences de la précarité menstruelle sont nombreuses. Tout d’abord il y a un fort impact sur la scolarité des personnes menstruées puisque. Comme l’a révélé notre enquête6 personnes sur 10 déclarent avoir déjà manqué les cours, leurs stages, de peur d’avoir des fuites ou de manquer de protections. Les conséquences sont aussi sanitaires : des étudiant.e.s portent leurs tampons, leurs serviettes plus longtemps que recommandé faute d’en avoir en assez grande quantité, s’exposant à des risques sanitaires comme le syndrome du choc toxique, des cystites, des infections, etc. 

Nos réactions aux annonces

Quelques semaines après la sortie de l’enquête, qui a été largement relayée tant par des associations et militant.e.s féministes que par des médias généralistes et spécialisés, la ministre Frédérique Vidal a fait des annonces allant dans le sens des revendications de la FAGE. Environ 1 500 distributeurs de protections périodiques gratuites seront installés sur les lieux de vie et d’étude des étudiant.e.s en France dès la rentrée prochaine.

La FAGE et ses associations resteront donc attentives d’une part à la bonne mise en place des distributeurs de protections dans tous les lieux de vie des étudiant.e.s, notamment dans les sites délocalisés qui ne disposent pas toujours d’un CROUS ou d’un service de santé universitaire. D’autre part, nous maintenons qu’il est important que les étudiant.e.s aient un accès à des produits périodiques de qualité, non nocifs pour la santé, mais également puissent avoir le choix d’utiliser le ou les types de protections qui leur conviennent.

En parallèle, nous continuons à nous mobiliser avec nos partenaires, Marguerite & Cie, Dans Ma Culotte et Règles Elémentaires afin de sensibiliser et briser le tabou sur les menstruations.

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