Questions à un.e élu.e : Paloma, Université de Cergy

Paloma Chazal de l’association LED (Les Ecos Droit) à l’Université de Cergy, est étudiante en troisième année de la licence d’économie-gestion. En tant que Vice-Présidente, Trésorière et ancienne élue du conseil UFR Economie-Gestion (récemment appelé Institut d’Economie et de Gestion), elle nous raconte comment elle a vécu son mandat d’élue tout en faisant face à une crise aux impacts multiples pour les étudiant.e.s.

Comment as-tu accompagné les étudiant.e.s durant la crise sanitaire ?

Durant la crise sanitaire, les étudiant.e.s en ont bavé. Il n’y pas d’autre terme. De nombreux obstacles sont apparus dès le premier jour où nous avons appris la fermeture des écoles. A l’annonce de la fermeture des universités, les étudiant.e.s n’avaient aucunes nouvelles hormis le fait que nous n’avions plus cours. L’université a mis quelques jours pour trouver une solution et continuer d’enseigner. Seulement, durant le premier confinement, les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Certains professeurs avaient complétement disparu de la circulation, ne donnant plus de nouvelles, sauf pour rappeler que l’examen final était toujours maintenu et donnant des documents sans expliquer le cours. Bien-sûr, nous avons d’autres professeurs qui ont tout fait pour continuer d’enseigner dans des conditions convenables et qu’on ne décroche pas. 

Par conséquent, certain.e.s étudiant.e.s ont eu le sentiment d’avoir été laissé pour compte car ils devaient continuer d’étudier sans avoir le cours adéquat, ni le bon matériel. Nous avons donc communiqué un maximum à travers nos réseaux pour connaitre les problèmes réels des étudiant.e.s et les rapporter à la direction. Nous avons mis en ligne plusieurs sondages afin d’avoir leur ressenti sur la situation actuelle. Nous les avons toutes listés et transmis à la directrice de la licence.

Lorsque la question des examens finaux de l’année est arrivée, la direction n’a même pas fait appel aux élu.e.s étudiant.e.s de l’UFR économie gestion afin de travailler ensemble et trouver une solution pour que les étudiant.e.s aient des notes les plus juste possible. Nous avons tout de suite réagi en demandant une réunion à la Directrice afin de lui expliquer pourquoi certaines décisions n’étaient pas suffisantes. Nous avons aussi proposé des solutions évoquées lors de nos sondages pour que les étudiant.e.s soient évalué.e.s de la meilleure manière possible. Les étudiant.e.s se sont sentis plus écoutés lorsque nous avons exprimé leurs idées auprès de la direction. 

Lors du deuxième confinement, l’inquiétude concernant l’avenir des étudiant.e.s et les problèmes du distanciel sont revenus. A ce moment-là, avec mon association, nous avons décidé de faire un jeux concours afin de faire gagner du matériel qui pouvait s’avérer essentiel comme un ordinateur, un casque, des écouteurs et des cartes cadeaux FNAC. Nous voulions faire plaisir aux étudian.t.e.s, leur donner un peu de joie dans ce moment difficile. En parallèle, nous avons continué à transmettre les problèmes durant les conseils. 

Tout au long de la crise sanitaire, nous avons proposé de nombreuses solutions pour aider les étudiant.e.s avoir de meilleurs résultats dans des "bonnes conditions", la direction nous a écouté avec cependant plusieurs refus. Aujourd’hui, nous continuons toujours à assurer l’intermédiaire entre la direction et les étudiant.e.s sachant que nous venons tout juste de rentrer dans un troisième confinement…

Quelle expérience retires-tu de ton mandat d’élue ?

Ce fut une expérience très enrichissante car ça m’a permis de travailler sur moi-même. Je suis de nature un peu timide, je n’ose pas forcément dire les choses quand il le faut. Lorsque je dois prendre la parole, par exemple pour un oral, j’ai une toute petite voix douce et tremblante. Donc quand je me suis présentée en tant qu’élue, c’était pour un challenge pour moi-même mais je voulais aussi dire aux étudiant.e.s "faites-moi confiance, je peux le faire". Et je me suis surpassée car quand la direction voulait prendre une décision qui allait à l’encontre des étudiant.e.s, j’ai su me faire entendre. J’ai même appuyé mes propos avec des témoignages, des chiffres tirés de sondages. Par exemple, lors de mon premier conseil, l’annulation de la compensation a été évoqué, j’ai du tout de suite su réagir et dire non à l’annulation car mon silence aurait compté pour un accord. Depuis, la compensation n’a plus refait surface durant les conseils. 

Mais ce fut aussi fort en émotion, car durant mes deux années de mandat, je suis passée de la colère, à la joie, au stress et à la compassion. A la colère, parce que les étudiant.e.s et moi-même étions révoltés par certaines décisions. A la joie, car j’avais réussi mes missions d’élue comme l’exemple de la compensation. Au stress, car tenir tête à la direction ce n’est pas forcément facile et je ne veux pas décevoir les étudiant.e.s. Et à la compassion car ils et elles viennent nous voir en expliquant leur problème. Leurs témoignages sont parfois poignants.

Comment as-tu géré ton mandat en même temps que tes cours avec la crise sanitaire ?

Durant le premier confinement, il s’avère que j’ai eu très peu de cours, voir quasiment aucun car je repassais mon année et j’avais déjà validé la plupart des matières l’année précédente. Donc, j’ai consacré la totalité de mon confinement pour mon mandat car tous les jours un ou plusieurs étudiant.e.s rencontraient des problèmes avec les cours à distance. 

A la rentrée de septembre 2021, nous avons quasiment tous commencé les cours avec un 90-100% présentiel. Mais ce n’était pas pour autant calme, car l’ordre du jour des conseils portaient sur la continuité des cours en présentiels ou non. Donc, j’ai continué à être présente et à informer les étudiant.e.s malgré mes cours à côté. Puis, avec le retour au confinement, j’ai consacré 50% de mon temps à mes cours et l’autre moitié à trouver des solutions pour les étudiant.e.s face à la direction. 

Je me suis beaucoup investie, mais je continuerai à le faire sans hésiter. Moi-même étudiante, je connais certains problèmes, je peux ressentir la même difficulté que d’autres. 

Jusqu’à aujourd’hui quel est le dossier qui t’as plus le marqué ?

Le dossier le plus marquant de mon mandat et même de la vie en général fut l’adaptation à la crise sanitaire. 

Sinon, j’ai un autre dossier marquant : la grève des gilets jaunes. Juste avant la crise sanitaire, nous avons déjà vécu un moment de stress. Nous avons eu nos partiels pile au moment des grèves nationales des transports. Et si nous avions attendu les bras croisés, à faire nos partiels, les trois quarts des étudiant.e.s se seraient retrouvé.e.s défaillant.e.s !

Cette grève était annoncée des mois à l’avance, l’université pensait que si le professeur pouvait arriver à l’heure de l’examen, tous les étudiant.e.s aussi comme si la grève n’aurait pas eu d’incidence sur notre quotidien. C’est après des heures de réunions improvisées que nous avions réussi à faire décaler un partiel sur une petite dizaine dans une période où il n’y avait pas la grève, à faire accepter les retards. 

Nous avons proposé tellement de solutions, mais toutes étaient refusées car la direction tenait à faire les partiels la semaine exacte de la grève. 

On peut dire que ce fut un mandat riche en événements. Les nouveaux ont été élu il y a quelques semaines, maintenant place à la relève !

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