Accès aux études supérieures : Une réforme globale est nécessaire !

11/10/17

Notre système éducatif fait face à une crise importante qui, face à la massification de l'enseignement supérieur, a conduit depuis plusieurs années à devoir recourir au tirage au sort pour affecter des néo-bacheliers dans l’enseignement supérieur. Outre cette pratique injuste, notre système éducatif exacerbe les inégalités et n’accompagne pas assez les lycéens dans la construction de leur projet d’études, se traduisant ainsi par de la ségrégation sociale inacceptable et un taux d’échec et d’abandon trop important en première année d’études supérieures.

Dans ces conditions, la FAGE, profondément attachée à l’émancipation de la jeunesse, à l’égalité des chances et à la justice sociale, a décidé de combattre le statu quo par sa volonté de réforme. Notre objectif, garantir l’accès et la réussite aux nouvelles générations. Il s’agit là d’un enjeu social et économique d’ampleur pour notre pays, à l’heure où le marché du travail nécessite de plus en plus de qualifications et où le taux de chômage des jeunes est encore massif.

C’est donc une réforme de l’accès à l’enseignement supérieur sans sélection dont nous avons besoin. Le seul véritable prérequis doit être le baccalauréat, et sa réforme, comme celle du lycée, est essentielle si nous souhaitons garantir l’insertion professionnelle de la jeunesse.

Un lycée qui apporte les conditions de la réussite pour s'engager dans les études supérieures, qui oriente mieux et de manière active, garantissant à chaque lycéen l’opportunité de construire son projet d’études, de se tromper et de s’inscrire dans la formation de son ambition.

Le passage entre enseignement secondaire et supérieur doit être le moment de rebattre les cartes de son destin, de ne discriminer aucun type de bac et de permettre le choix de changer de projet d’études, de l’affiner, et de s’y épanouir pour mieux réussir. Adapter les licences est également nécessaire, avec une spécialisation progressive, et le recours aux innovations pédagogiques, s’appuyant notamment sur les nouvelles technologies et le numérique, qui nous permettent aujourd’hui de former plus, de former mieux et de limiter le décrochage.

Prendre cette réforme comme la simple réforme de la plateforme « APB » c’est se tromper de sujet. Il faut adopter une vision globale, réformer le système éducatif bien en amont, pour réduire au maximum les inégalités sociales qu’il créée.

De plus et pour répondre aux profondes mutations en cours et à venir, à la plateformisation de l’économie, au développement industriel de l’intelligence artificielle, il est fondamental d’offrir à tout citoyen l’opportunité de se requalifier, pour lui garantir emploi et insertion sociale. A ce titre, la réforme de la formation professionnelle à venir doit être l’occasion de placer l’Université comme un acteur central et majeur de cette formation tout au long de la vie.

Il faut voir là l’opportunité de donner un emploi aux nouvelles générations, de leur épargner le chômage, mais aussi de répondre aux besoins de notre société, de rendre notre système de formation plus flexible, plus juste, et réellement en phase avec notre société moderne.

Sortir des carcans rigides et dépassés, qui ne répondent plus aux enjeux d’avenir.

Le gouvernement a l’occasion de révolutionner la manière dont nous concevons l’éducation, la formation, l’émancipation des nouvelles générations, et ce tournant majeur ne peut se faire sans les étudiants eux-mêmes.  

C’est la raison pour laquelle la FAGE en appelle à la responsabilité du Président de la République, de faire de ces réformes une séquence historique pour faire progresser de notre système de formation.

C’est dans cet objectif que nous avons saisi le gouvernement lors de notre rencontre lundi dernier avec le Premier Ministre Edouard Philippe. Outre la nécessité de ne pas prendre cette réforme par le petit bout de la lorgnette, un Plan d’Urgence pour accueillir et assurer la réussite de tous est indispensable pour faire face à la rentrée 2018.

Ce plan devra prévoir un juste financement de la réforme, la mise en place d’une priorité d’accès pour les bacheliers professionnels dans les BTS, d’une priorité d’accès pour les bacheliers technologique dans les IUT, et la généralisation des innovations pédagogiques des licences STAPS et PACES de Grenoble, qui par la dématérialisation des cours magistraux et le renforcement des travaux dirigés, ont réussi à augmenter leur capacité d’accueil et le taux de réussite des étudiants.

Un compromis est encore possible. Pour les nouvelles générations nous n’avons pas le droit à l’erreur, notre seule issue possible est une réforme ambitieuse et juste, qui garantisse l’égalité des chances, et qui permette à tous de concrétiser son projet d’étude, d’accéder à l’émancipation et in fine de trouver sa place dans la société.