Politiques jeunesse d'Emmanuel Macron : quel bilan en un an ?

30/05/18

Il y a un an, les français élisaient Emmanuel Macron comme plus jeune Président de la République, sur un programme se voulant novateur et vecteur de changement. Un an après, quelle place pour la jeunesse dans les politiques d'Emmanuel Macron ? La FAGE interpelle le Président de la République : il est encore temps d'avoir de réelles ambitions pour la Jeunesse de France ! 

Timides, voilà comment nous pourrions qualifier les politiques à destination des jeunes. Exemple frappant : le Conseil d'Orientation des politiques de Jeunesse, organisme créé en janvier 2017 et qui dépend du Premier Ministre, n'est aujourd'hui pratiquement plus sollicité, encore moins reconnu. Cette instance porte pourtant comme vocation de concrétiser la "clause d'impact jeunesse", censée éclairer l'impact de l'ensemble des politiques sur les jeunes.

Le dernier succès en matière de politique jeunesse est la Garantie Jeunes, étendue aux jeunes précaires lors du précédent quinquennat suite à l'action de la FAGE pendant la Loi El Khomri. Depuis sa prise de fonction, nous retiendrons que le premier acte d'Emmanuel Macron en direction des jeunes fut la baisse des Aides Personnalisées au Logement, dégradant ainsi la situation économique et sociale de milliers de jeunes déjà précaires. Lorsque plus d'un jeune sur cinq est dans l'obligation de retourner vivre dans le domicile familial (chiffres UNCCLAJ), que plus d'un jeune sur cinq souffre du chômage, cette décision est inacceptable. Plus que jamais, il est temps pour l'exécutif de prendre ses responsabilités et d'investir massivement pour les jeunes.

La FAGE, première organisation étudiante de France, demande la mise en place d'un réel interlocuteur pour les politiques de Jeunesse qui disposerait des moyens à la hauteur de ses ambitions pour coconstruire avec l'ensemble des acteurs de la jeunesse. Les enjeux sont fondamentaux et les sujets sont déjà sur la table ! Continuer d'universaliser le volontariat en service civique, développer la Garantie jeunes pour en faire le pilier de la protection sociale des jeunes, qui ne peuvent bénéficier de tous les minima sociaux avant 25 ans.

La FAGE salue néanmoins l'écoute des organisations étudiantes représentatives dans le cadre de la réforme sur l’Orientation et la Réussite des Étudiants. Nous y avons vu l’opportunité d’instaurer un véritable dialogue et d’éclairer l’exécutif sur les problématiques des jeunes, leurs aspirations et affirmer notre volonté de garantir le droit d'étudier pour tous les jeunes.

Lorsque ce dialogue s’opère, est sincère et constructif, les réformes qui nous concernent ont une chance d'aboutir. A l'inverse, lorsque le dialogue social est mis à mal, quand la volonté de dialoguer n'est pas au rendez-vous, cela créé de l'incompréhension et un sentiment de mépris. En attestent le projet de Service National Universel et la réforme de l’apprentissage et de la formation professionnelle, construits sans les jeunes, principaux concernés.

La FAGE relève néanmoins des efforts de la part de l'exécutif. Les récentes volontés de concertation sur le SNU avec les organisations de jeunes, permettront d’ouvrir un dialogue nécessaire sur une mesure qui ne satisfait pas la jeunesse. Ce temps est vu comme une opportunité par la FAGE, et sera révélateur, espérons-le, d’une prise de conscience du gouvernement sur sa conception du dialogue social, notamment avec les nouvelles générations. 

Lire aussi | "Service national universel : obliger les jeunes, une option à risque" - Le Monde Campus, le 29/05/18

Bien qu'oubliés depuis un an, les jeunes demandent avec exigence et détermination des avancées sur leurs conditions de vie, leur insertion sociale et professionnelle, au-delà des mots et des symboles. Sans dialogue social, sans échanges réguliers et sincères avec les corps intermédiaires tels que les organisations de jeunes, les politiques en faveur de la jeunesse sont vouées à l'échec. Si la FAGE sera toujours un acteur constructif, exigeant et favorable à la négociation, elle saura aussi se montrer ferme et intransigeante lorsque le dialogue sera biaisé. La balle est donc dans le camp du gouvernement.