La FAGE demande un moratoire sur les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur !

29/08/18

La FAGE publiait ce lundi 27 août son 16ème indicateur du coût de la rentrée. En diminution significative de 6,79% pour le profil type étudiant de notre étude : un jeune de 20 ans entrant en licence, non boursier et décohabitant, ce coût de la rentrée révèle, à nouveau, des inégalités grandissantes. 

Si les frais d’inscription universitaires sont en diminution (Nous observons en effet une diminution de 7,61% dûe au passage de la cotisation au FSDIE des frais d’inscriptions à la CVEC-C), il y a encore beaucoup d’établissements privés comme publics, intégrés ou non à l’université sous un régime particulier, qui ont augmenté drastiquement leurs frais d’inscription. Nombreux sont ces établissements qui usent d’ailleurs d’une sélection des étudiants sur dossier, amplifiant les mécanismes de reproduction sociale, et dans lesquelles l’État investit bien plus de moyens au prorata du nombre d’étudiants que dans les formations universitaires qui accueillent pourtant bien plus d’étudiants.

Par exemple, nous pouvons mettre en avant et dénoncer plusieurs hausses significatives pour cette rentrée 2018 : 

5 écoles sous tutelle exclusive du MESRI augmentent leurs frais d’inscription : 

  • Les Mines Nancy, intégré à l’université de Lorraine 

  • Centrale Lille

  • Centrale Lyon

  • Centrale Marseille

  • Centrale Nantes

Ils passent de 615 à 2500 euros/par an soit : + 1885 € que l’année dernière et + 2330 € qu’un étudiant en Licence à l’université.

Le cas de l’école des Mines de Nancy est un marqueur fort car il s’agit d’une école interne à l’Université de Lorraine. Cette augmentation, approuvée par la Ministre, ouvre la voie à des universités à deux vitesses : celles qui sélectionnent et font payer des frais d’inscription exorbitants et celles qui contribuent à la démocratisation de l’enseignement supérieur, gratuites et non-sélectives. La FAGE refuse cette dualité car il est nécessaire que les diplômes restent nationaux et accessibles pour chaque étudiant, quelle que soit son origine sociale. 

Le cas des écoles de commerce :

  • Augmentation de 64,1% sur les 10 dernières années 

  • Plus grosse augmentation SKEMA (Lille, Paris, Nice) : + 6000€ (+16,4%) passage de 36 500 € à 42 500 € pour un cursus

+ 42 330 € qu’un étudiant en licence à l’Université

  • NéomaBuisnessSchool : augmentation de 1 120€ (3,25%) passage de 34 380 € à 35 500€ pour un cursus

+30 230 € qu’un étudiant en licence à l’université

D’autres types de formations établissent également des frais d’inscriptions très élevés mais aussi très inégaux. C’est le cas des formations paramédicales. L’exemple le plus frappant reste pour les étudiants en kinésithérapie qui, bien qu’intégrés aux universités ou du moins conventionnés, devront s’acquitter de frais d’inscription qui varient pour certains entre 5 000€ et 9500€ (c’est le cas de 22 instituts sur 43). De tels tarifs sont pratiqués dans les instituts privés mais aussi dépendant du service public ! Exemple le plus frappant, c’est loin d’être un cas isolé dans ces formations laissées à la compétence des régions qui ne peuvent, par choix ou par réelles contraintes budgétaires, assurer une dotation suffisante à des établissements publics de formation. 

La FAGE a porté devant les instances nationales de l’enseignement supérieur et de la recherche (le CNESER notamment) un texte, adopté à l’unanimité sur la question des frais d’inscription et des injustices subies par de nombreux étudiants, qui exigeait de Frédérique Vidal qu’elle impose un moratoire national sur l’augmentation frais d’inscription dans l’enseignement supérieur. Il est aujourd’hui primordial d’ouvrir un débat plus large sur les frais d’inscription, entre enseignement supérieur sélectif et non-sélectif, entre écoles et universités. 

Il est de notre rôle d’assurer la démocratisation réelle et pour tous de notre système d’enseignement supérieur ainsi que de lutter contre ce système à deux vitesses, créant et renforçant les inégalités. Considérer que les établissements du supérieur ont une responsabilité sociale nécessite que le corollaire soit un investissement public à la hauteur des ambitions portées par et pour la société. Les propositions faisant peser la charge sur les étudiants, par le biais de prêts ou par une augmentation des frais d’inscription récurrente assurent la mise en place d’une barrière financière nuisant à la mixité sociale nécessaire aux établissements et à notre système éducatif. 

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