Le mandat de la FAGE au CNESER 2017 – 2019 : un premier bilan

17/04/19

Après 24 réunions du CNESER depuis septembre 2017 et la prise de mandat des élus de la FAGE et 20 mois de mandat déjà écoulés, l’heure est maintenant au bilan.

Le Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) est une instance nationale de consultation des corps intermédiaires de l’ESR pour le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation. A l’inverse des conseils académiques et des conseils d’administration des universités, il n’a pas de poids décisionnaire, mais conserve un rôle politique très fort. C’est un lieu de négociation et une tribune politique essentielle pour le dialogue social.

Le mandat 2017-2019, la FAGE l’a entamé en étant unanimement reconnue comme première organisation étudiante de France grâce au travail de l’ensemble des élus et des fédérations. C’est donc avec une grande fierté et de grandes responsabilités que les élus étaient attendus avec trois nécessités :

  • La nécessité pour la FAGE de s’imposer dans les débats comme un acteur moteur

  • La nécessité pour la FAGE de travailler en conséquence pour pouvoir exprimer un avis pragmatique, réfléchi sur l’ensemble des sujets en ouvrant vers la démocratisation de l’enseignement supérieur 

  • La nécessité pour la FAGE de démocratiser l’instance du CNESER au réseau : de mieux communiquer et de réellement ouvrir le CNESER aux fédérations

En quelques mots, avant d’entamer un bilan plus complet :

  • La FAGE a posé près de 30 amendements sur les textes et 5 motions ce qui en fait l’organisation étudiante la plus active, et globalement une des organisations les plus constructives durant les CNESER

  • La FAGE s’est imposée comme une organisation proposant des avis construits qui sont souvent repris par le MESRI (Arrêté licence par exemple, Service sanitaire), ou plus tard (PJL Ecole de la confiance, PJL Organisation et transformation du système de santé). Elle sait également voter contre les textes lorsque cela est nécessaire : par exemple, l’ordonnance permettant les établissements expérimentaux d’enseignement supérieur.

  • Aux côtés de l’équipe CNESER, une dizaine de fédérations a pu être invitée que ce soit lors des séances d’accréditation des établissements, ou lorsqu’un texte important concernant une filière était examiné. 

Assurer la démocratisation effective de l’ESR

La concertation sociale qui a donné lieu au Plan Etudiants a été le premier axe fort de notre mandat : contribuer à la démocratisation de l’enseignement supérieur. 

Cette réforme d’ampleur qui se poursuit encore aujourd’hui a d’abord voulu transformer l’accès à l’enseignement supérieur. Les élus CNESER ont du s’assurer que les négociations avec le Ministère soient actées correctement dans les textes et proposer les amendements pour éviter toute sélection sociale supplémentaire à l’entrée de l’Université.  Par la mise en place d’attendus qui ne sont pas des prérequis, l’ouverture de plus de 30 000 places dans l’ensemble de l’enseignement supérieur, l’ouverture des places en DUT pour les bacheliers technologiques et en BTS pour les bacheliers professionnels ou encore la mise en place de parcours d’accompagnement personnalisés pour les étudiants en difficulté, la FAGE a su être un acteur incontournable des négociations pour améliorer le système dans l’intérêt des étudiants.

Les votes budgétaires de décembre nous ont également permis deux fois de faire le point sur les promesses de la Ministre pour ouvrir les places à l’Université partout là où cela est nécessaire. Force est de constater que si le budget du programme des formations supérieures et de la recherche universitaire augmente, ce n’est pas suffisant pour mettre en œuvre correctement l’accompagnement et les innovations nécessaires.

Durant ce mandat, la démocratisation de l’enseignement supérieur s’est aussi transposée dans l’intégration des filières paramédicales à l’Université. De grands pas en avant ont été faits, mais ils restent insuffisants. Nous avons cependant obtenu la fin des concours discriminatoires et le passage vers la procédure de droit commun utilisé pour toutes les filières universitaires : Parcoursup.

Enfin, parce que le premier cycle de l’enseignement supérieur n’est rien sans le lien avec l’enseignement secondaire, nous nous sommes aussi prononcés sur la réforme du lycée et du baccalauréat : une modularisation des parcours bienvenue mais qui manque encore d’ambition pour créer un vrai continuum entre enseignement supérieur et enseignement secondaire.

Garantir l’insertion professionnelle des étudiants par une modernisation de l’enseignement supérieur

Dans le droit chemin de la réforme du Plan Etudiants qui a rythmé notre mandat, l’engagement du Ministère était de réformer les méthodes pédagogiques et le déroulement des études. D’importants changements qui ont pris corps dans la modernisation de l’Arrêté licence qui datait de 2011 et le cadre national des formations qui datait de 2014. C’était l’occasion pour la FAGE d’obtenir de grandes victoires sur l’évaluation continue intégrale, sur l’approche par compétences et l’approche-programme, sur les 1 500 heures de formation en licence, les régimes spéciaux d’études et l’évaluation des enseignements. 

Les deux textes entièrement rénovés ont intégré plusieurs propositions de la FAGE. Aujourd’hui, l’approche par blocs de compétence est possible, tout comme la mise en place d’une évaluation continue intégrale ambitieuse. Aujourd’hui, les filières paramédicales pourraient être intégrées à un cursus de diplôme national de licence, les régimes spéciaux d’études permettent toutes sortes d’engagement, la césure est un droit opposable. Aujourd’hui, les universités doivent accompagner individuellement chaque étudiant grâce à un contrat de réussite pédagogique. 

Tant de victoires au plan national qui doivent maintenant prendre corps dans chaque établissement d’enseignement supérieur. Et c’est là la plus grande difficulté. Au CNESER, la FAGE a eu la volonté de poser un cadre, des opportunités et des limites. 

Maintenant, c’est le rôle des élus dans les UFR, dans les conseils centraux des universités de prendre en main ces potentialités. Et toute l’équipe nationale est là pour les y aider. Mais nous ne pourrons pas le faire sans votre motivation et sans votre travail. Les élus nationaux ne peuvent rien faire, ne peuvent pas transformer le système sans l’aide des élus locaux.

Responsabilité sociale et sociétale des universités

Le dernier sujet abordé dans cette ébauche de bilan est celui de la responsabilité sociale et sociétale dans l’enseignement supérieur. Ce n’est pas forcément celui dont une instance comme le CNESER ou l’enseignement supérieur en général a l’habitude et les efforts restent importants pour construire une société durable. 

La FAGE a porté une motion votée à l’unanimité pour ouvrir une concertation autour des discriminations dans leur ensemble. Malgré le soutien réel dont bénéficiait la motion, ces groupes ne se sont jamais vraiment ouverts et le Ministère n’a travaillé avec les organisations représentatives que sur les sujets des violences et préjugés sexistes et sexuels, qui restent essentiels mais omettent les autres discriminations dans l’ESR. Mais même si cela ne va pas assez vite, les référents égalité dans les établissements se multiplient et il est du devoir de tous les élus, bénévoles associatifs et tous les étudiants de travailler pour créer des projets de lutte contre les discriminations et de continuer à se battre contre les préjugés, les petites phrases, les violences physiques qu’elles viennent des étudiants ou même des enseignants.

Encore d’autres sujets sont essentiels : le handicap et le développement durable dans son ensemble et il faudra mieux se saisir de ces problématiques majeures lors du prochain mandat. 

C’est par le travail d’équipe, par le travail de tout un réseau sur des amendements, sur les textes soumis à l’avis du CNESER que la FAGE arrivera à créer des lignes de force, des consensus, des compromis avec les autres organisations. Chaque organisation membre du CNESER est responsable de ses actes et des conséquences qu’ils entraînent. Il s’agit donc de prendre ces actes au sérieux et de demander constamment des réformes structurelles. C’est le sens de notre demande, d’une motion votée à l’unanimité sous l’impulsion pour demander un débat sur le financement de l’enseignement supérieur dans son ensemble, et particulièrement des frais d’inscription

« L’université n’est pas une usine à fabriquer des diplômés à la façon des usines de saucisses qui fabriquent des saucisses. L’Université est un lieu où il est donné à des femmes et des hommes une chance ; celle de découvrir qui ils sont vraiment »

Simon Leys 

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