Etudiant-e-s et Salarié-e-s : Il est urgent de créer des droits concrets !

08/04/2015

La problématique du salariat étudiant est aujourd'hui une réalité indéniable, vécue par une majorité d'étudiant-e-s. Afin d'appréhender des solutions concrètes et efficaces il apparaît nécessaire de s'affranchir d'une vision parfois liberticide tendant à dénoncer un état de fait, afin de se concentrer sur les raisons de cet état et sur les besoins étudiants engendrés par cette réalité.

Le salariat : une nécessité pour un quart des étudiant-e-s :

L'enquête triennale de l'Observatoire de la Vie Étudiante (OVE), démontre d'une part que le salariat étudiant concerne une majorité d'étudiant-e-s et d'autre part que les raisons du salariat répondent à des besoins divers. En effet, l'enquête de l'OVE présente une augmentation du « salariat étudiant » par besoin financier de 11 points entre 2010 et 2013. Ces chiffres interpellent d'autant plus qu'on sait qu'un salariat trop important (c’est-à-dire au-delà de 15h / semaine) double les risques d'échec scolaire.

En outre, si l'enquête observe que 47 % des étudiant-e-s travaillent au cours de leurs études, elle présente aussi les différents besoins auxquels ces étudiant-e-s tentent de répondre par le salariat. Ainsi, lorsqu'on leur demande de préciser la ou les raisons de leur salariat, les étudiant-e-s répondent :

  • pour 51 % qu'ils/elles travaillent par nécessité pour subvenir aux besoins du quotidien ;

  • pour 69 % qu'ils/elles travaillent pour acquérir une expérience professionnelle ;

  • pour 58 % qu'ils/elles travaillent pour s'assurer une indépendance vis-à-vis de leurs parents ;

  • pour 73 % qu'ils/elles travaillent afin de s'assurer un meilleur niveau de vie.

Créer des droits pour les étudiant-e-s salarié-e-s:

Si la disparition du « besoin de se salarier » est bien l’objectif que vise la FAGE à travers des revendications de réforme du système d’aides sociales, celui-ci ne doit pas imposer l'immobilisme quant aux droits des étudiant-e-s salarié-e-s. Il faut ainsi penser des réponses pouvant rendre ce salariat le moins pénalisant possible. Renoncer à revendiquer des droits pour étudiant-e-s salarié-e-s revient à condamner les étudiant-e-s salarié-e-s à une double stigmatisation : celle du besoin de se salarier et celle d'une absence de dispositifs généralisés permettant la réussite de ces étudiant-e-s.

Pour un droit au « congé d’examen » :

Il n’existe à ce jour aucune disposition permettant à un étudiant de faire valoir auprès de son employeur un droit à la préparation de ses examens. Cette absence de droits au sein des entreprises place l’étudiant-e dans la situation douloureuse de devoir choisir entre préparer sereinement ses examens, et payer ses factures !

Pourtant, il existe une disposition en faveur des apprenti-e-s et des alternant-e-s. Celle-ci instaure un congé de 5 jours dans le mois précédant l’examen devant permettre une préparation suffisante.

Réuni-e-s en Conseil d’Administration lors du week-end du 21 & 22 Mars, les administratrices et administrateurs de la FAGE ont souhaité qu’une disposition semblable soit revendiquée, et qu’un droit concret et garant de réussite soit ouvert aux étudiant-e-s salarié-e-s !

Alors que les débats sur le projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques se poursuivent, un amendement a été déposé en ce sens au Sénat. La FAGE enjoint les parlementaires à soutenir l’initiative des sénatrices et sénateurs ayant déposé cet amendement au projet de loi, et visant à concrétiser dans la loi un droit au congé de révision pour les étudiant-e-s salarié-e-s.

Pour une généralisation des Régimes Spéciaux d’Etudes

Le corollaire direct à la création d’un droit au sein de l’entreprise doit être la généralisation de ceux pouvant exister au sein des établissements d’enseignement supérieur. Il existe, dans certaines universités, des chartes des régimes spéciaux d’études.

Derrière ce terme, se cachent des aménagements d'études spécifiques, concernant une catégorie d'étudiants ou un individu (régime long d'études, priorité de choix de groupe de TP/TD...), leur permettant de réunir toutes les conditions nécessaires à leur réussite. L'application de tels régimes doit s'inclure pleinement dans le cursus et considérer les problématiques sociales de l'étudiant-e.

La FAGE demande la mise en place de régimes spéciaux d'études dans l'ensemble des établissements du supérieur et propose que ces régimes spéciaux d'études se déclinent sous trois grandes formes : un aménagement particulier accordé par la composante à la demande de l'étudiant-e, la priorité de choix de groupes de TD, ou un régime long d'études.

S’il faut revendiquer une solution globale -l'AGI- permettant à chaque étudiant-e de pouvoir écarter le besoin financier et une systématisation des stages, encadrés, valorisés et accessibles, il ne faut pas perdre de vue qu'en l'état, et dans l'attente de la mise en place de ces mesures, les étudiant-e-s salarié-e-s ne sauraient se passer de droits réels permettant leur réussite.

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