Indicateur FAGE du coût de la rentrée 2016 | 14ème édition

16/08/2016

Pour la 14ème année consécutive, la FAGE publie son indicateur national du coût de la rentrée. Celui-ci estime le coût de la rentrée pour un étudiant primo-entrant à l’université, décohabitant et non-boursier. En 2016, les étudiants devront ainsi faire face à une augmentation du coût de la rentrée de 1,01 %, portant son niveau global et national à 2359,85€.

En septembre 2016, un étudiant devra débourser en moyenne 2 359,85 €, soit 1,01 % de plus qu'il y a un an.

Ce montant global correspond à la somme des frais de la vie courante estimés à 1 125,87 € (+1,55%) et des frais spécifiques à la rentrée, estimés à 1 233,98 € (+0,5%)

Augmentation des frais de la vie courante, liée à l’inflation

L’augmentation de l’indicateur global s’explique principalement par l’augmentation des frais courants, notamment des loyers (+ 1,41% au niveau national), de l’alimentation et des produits de la vie courante (+ 3,43 % au niveau national). L’augmentation des loyers en Ile-de-France est limitée par l’amplification des effets de l’encadrement des loyers mis en place dans Paris.

Augmentation modérée des frais de la rentrée grâce à l’action de la FAGE

L’augmentation modérée des frais spécifiques à la rentrée (+0,52%) est certainement la variation la plus intéressante de cette année puisqu’elle s’explique par le gel de nombreuses dépenses obligatoires liées à l’université, gel obtenu par la FAGE. L’augmentation des frais de rentrée est ainsi principalement liée à l’augmentation du coût du matériel pédagogique de 3,17 %.

Diminution à la marge du transport et de la téléphonie

Plusieurs diminutions sont notables, sans renverser la tendance globale d’augmentation: diminution de 1,33 % des frais de transport, diminution de 0,59 % des frais de téléphonie et diminution de 11,76 % des frais d’assurance logement en Ile-de-France car la LMDE a arrêté de proposer son offre d’assurance logement.

Une démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur en panne

Alors que l’accès à l’enseignement supérieur et la recherche permet à de nombreuses personnes de s’épanouir et de s’insérer, dans un contexte socioéconomique difficile, il est essentiel que tous les jeunes qui le désirent puissent y avoir accès, peu importe leur origine socio-culturelle. Malheureusement, la démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur est en panne. Ainsi, alors que les cadres représentent 18,6 % des actifs occupés, leurs enfants représentent 37 % des étudiants. A l’inverse, les employés représentent 27,6 % des actifs occupés et leurs enfants 15,7 % des étudiants. Le facteur financier étant un des obstacles majeurs à l’accès au supérieur, il est nécessaire de rendre le coût de la vie et des études plus abordable.

Des victoires de la FAGE pour les étudiants de classe moyenne

Puisqu’il est connu que les étudiants de classe moyenne sont les grands “lésés” du système de bourses sur critères sociaux tel qu’il est organisé à l’heure actuelle, la FAGE a aussi obtenu une mesure forte en faveur de ces étudiants,défendue en avril lorsque Manuel Valls l’avait reçue.

A la rentrée, la conversion de l’échelon 0 de bourse (qui correspond uniquement à l’exonération des différents frais d’inscription et de sécurité sociale) en échelon 0 bis d’un montant de 100 € par mois pour tous les étudiants entrant dans les critères pour bénéficier de l’échelon 0 va en effet devenir effective. Cette mesure va concerner 25 000 étudiants, leur permettant par exemple, s’ils sont salariés, de diminuer leur volume horaire de travail hebdomadaire et ainsi favoriser leur réussite. Il est en effet important de rappeler que le salariat contraint auquel les étudiants ont recours pour subvenir à leurs besoins puisqu’ils ne peuvent pas faire autrement, touche en moyenne un étudiant sur 4, en particulier les étudiants de classe moyenne.

Alors que parmi les boursiers qui se salarient, 7,9 % exercent une activité très concurrente des études, ce sont 14,8 % des étudiants non boursiers salariés qui exercent ce type d’activité, montrant bien que le système de bourse aide trop peu les étudiants de classe moyenne. On sait qu’un étudiant qui travaille plus de 15h par semaine voit son risque d’échec dans ses études multiplié par deux. Il apparait donc aisément qu’il y a urgence à mieux accompagner financièrement les étudiants.

Logement, formation et accès à l’emploi : une rentrée plus sereine pour de nombreux jeunes

La FAGE se mobilise depuis de longues années pour faciliter l’accès au logement autonome des jeunes qui yconsacrent presque la moitié de leur budget mensuel, avec de fortes disparités territoriales. L’accès au logement est essentiel sur de nombreux points. Pourtant, une pénurie de logements adaptés subsiste dans la majorité des villes universitaires et les niveaux des loyers pratiqués sont parfois extrêmement élevés. Pour cette raison, la FAGE continue de se mobiliser pour la mise en place de l’encadrement des loyers dans toutes les agglomérations où la tension locative est élevée, alors que celui-ci, mis en place uniquement à Paris pour le moment, montre ses effets positifs.

De plus, soucieuse de ne laisser aucun jeune dans l’angle-mort des politiques publiques en raison de son statut, la FAGE a obtenu cette année l’extension du dispositif de cautionnement solidaire Logement “VISALE”(Visa pour le Logement et pour l’Emploi) à tous les jeunes de moins de 30 ans, deux ans après avoir obtenu la mise en place de la Caution Locative Etudiante, à destination des étudiants.

D’autre part, la FAGE a souhaité se mobiliser pour les jeunes décrocheurs, qui ne sont ni en emploi ni en formation et a obtenu cette année de faire de la Garantie Jeunes un droit : ce dispositif, qui permet aux jeunes décrocheurs de toucher une indemnité mensuelle, de suivre des formations et de réaliser des immersions en entreprise, est désormais un droit accessible à tous les jeunes entrant dans les critères. C’est une réelle avancée pour ces jeunes qui vivent dans la plus grande précarité.

Enfin, la FAGE a obtenu la mise en place d’une Aide à la Recherche du Premier Emploi afin d’accompagner les jeunes diplômés dans leur phase d’insertion professionnelle, alors qu’ils sont de plus en plus nombreux à avoir des difficultés à trouver un emploi. Cette aide sera versée par les CROUS à partir de la rentrée aux diplômés sortants de l’enseignement supérieur en recherche d’emploi qui étaient boursiers au cours de leurs études. L’aide sera du montant de la bourse qui était précédemment touchée et sera versée pendant 4 mois.

Une inquiétude qui subsiste quant aux conditions de la rentrée

Néanmoins, si positives soient-elles, toutes ces mesures ne font pas oublier l’enjeu conséquent auquel les établissements d’enseignement supérieur vont devoir répondre, celui de l’augmentation des effectifs d’étudiants à la rentrée prochaine. Sans réponse budgétaire à la hauteur, c’est-à-dire sans augmentation substantielle des moyens accordés aux établissements de plusieurs millions pour l’année 2017 et la mise au point d’un plan pluriannuel d’investissement, ceux-ci ne pourront pas accueillir les étudiants dans de bonnes conditions.

La FAGE exhorte donc la Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche à tenir l’engagement financier en faveur de l’enseignement supérieur qu’elle a annoncé en juillet dernier. L’année universitaire 2015 – 2016 a déjà accueilli 30 000 étudiants supplémentaires, sans augmentation de budget adaptée. L’année qui arrive devrait accueillir autant d’étudiants supplémentaires, si ce n’est plus, et l’analyse de la démographie montre très clairement que ces augmentations vont continuer pendant plusieurs années. Le Ministère de l’Education Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche projette une augmentation de 200 000 étudiants supplémentaires d’ici 2024. Les établissements ne peuvent pas y faire face, que cela soit en termes d’infrastructures, de personnels, de services, sans rallonge budgétaire. François Hollande a annoncé qu’il saurait prescrire, le moment venu, les ajustements budgétaires pour faire face à cette augmentation continue des effectifs du supérieur. La FAGE tout comme l’ensemble de la communauté universitaire et les experts du monde de l’enseignement supérieur s’accorde pour constater que le moment est venu.

Les revendications de la FAGE pour la rentrée 2016

Terminer la réforme du système de bourses en créant une aide globale d’indépendance (AGI)

  • Linéariser le montant des bourses et les étendre à plus d’étudiants de classe moyenne
  • Calculer l’aide au logement en fonction du loyer moyen pour un 20m² dans le bassin de vie de l’étudiant

Augmenter le budget des établissements d’enseignement supérieur et de recherche et des CROUS

  • Augmenter le budget des CROUS, notamment pour la restauration et le logement étudiant
  • Augmenter le budget des établissements supérieur pour pouvoir accueillir les étudiants dans des conditions décentes et prévoir un plan pluriannuel d’investissement

Généraliser l’encadrement des loyers à toutes les agglomérations tendues

Garantir les mêmes droits aux étudiants en formations sanitaires et sociales qu’aux autres étudiants notamment en leur faisant bénéficier des bourses du CROUS