Une troisième année de bilan pour EVAGO, l’outil d’évaluation des AGORAé

Six ans après le lancement de la première AGORAé, le réseau des épiceries sociales et solidaires de la FAGE compte aujourd’hui 15 AGORAé ouvertes et de nombreuses autres en projet. L’initiative a été lauréate du programme présidentiel La France S’Engage en 2016 et a déployé, depuis fin 2016, un plan d’essaimage. Il est ainsi nécessaire de mesurer l’utilité sociale et l’impact du dispositif sur les parcours des bénéficiaires.

Développé en 2014, l’outil d’évaluation de la plus-value sociale des AGORAé permet de mesurer les impacts du dispositif sur les conditions de vie et d’études des étudiants qui en sont bénéficiaires, autant sur le plan national que sur le plan local. Cette évaluation entend également analyser les attentes des étudiants afin d’adapter les services proposés à leurs besoins, en termes d’aide alimentaire, d’accompagnement et de lien social.

L’outil EVAGO a bénéficié d’une année pilote en 2014-2015, ce qui a permis d’obtenir les premières données chiffrées sur le profil des bénéficiaires et l’impact du projet AGORAé sur les étudiants. L’année 2015-2016 a permis par la suite de mettre en perspective les résultats de cette première année et de donner à voir l’évolution des apports du dispositif. La troisième analyse, qui porte sur l’année universitaire 2016-2017, livre quant à elle une évaluation d’où émergent de grandes tendances ainsi que certaines marges de progression, six ans après le lancement de la première AGORAé.

Fondé sur trois questionnaires, l’outil EVAGO permet de recueillir de manière anonyme les informations-clés sur la situation des étudiants bénéficiaires et sur leur rapport à l’AGORAé. Ces questionnaires sont remplis par le bénéficiaire, avec l’aide de l’équipe gérant l’AGORAé, à trois différents moments. Le questionnaire d’entrée permet de définir les profils, les difficultés et les attentes des bénéficiaires, le questionnaire de sortie du dispositif fait le bilan sur l’appréciation personnelle de l’étudiant et les impacts sur son quotidien et enfin le questionnaire proposé quatre mois après la sortie démontre l’évolution de sa situation.

Les résultats de la troisième année de bilan

Pour l’année universitaire 2016-2017, le dispositif a permis à 2 764 étudiants de bénéficier d’une aide alimentaire, contre 1 722 étudiants en 2015-2016, ce qui implique une hausse de 61%.

Reste à vivre moyen

1.7 euros
Le reste à vivre moyen des étudiants bénéficiaires est de 1.7 € par jour et par personne

Profil des bénéficiaires

66 %
des bénéficiaires sont des étudiants internationaux

Logement

97 %
des bénéficiaires sont décohabitants

Départ en vacances

52 %
52% des bénéficiaires ne sont jamais partis en vacances depuis qu’ils sont étudiants

Parcours de soin

41 %
des bénéficiaires déclarent avoir renoncé à consulter un professionnel de santé pour des raisons financières

Situations de privation

75 %
des bénéficiaires déclarent sauter au moins un repas dans la semaine

Aide financière

89 %
Dans 89% des cas, l’aide des parents ne couvre pas l’ensemble des frais fixes (loyer, nourriture, scolarité)

Communication

63 %
63 % des bénéficiaires ont entendu parler de l’AGORAé via le bouche à oreille

Conclusion

Cette troisième année d’analyse permet de conforter les données concernant le profil type des bénéficiaires, avec une augmentation néanmoins de la part d’étudiants non boursiers et une diminution du montant de leur reste à vivre quotidien (1.70€ contre 1.80€ en 2015-2016). Selon les résultats de l’analyse, l’aide alimentaire apportée par les AGORAé a un impact positif réel sur l’équilibre budgétaire, sur l’alimentation des bénéficiaires ainsi que sur leur réussite universitaire. Enfin, les AGORAé apparaissent comme des vecteurs de lien social grâce aux animations qu’elles proposent au sein de leur lieu de vie et qui permettent aux étudiants d’échanger et de s’informer sur de nombreuses thématiques (accès aux droits, au logement, actions de sensibilisation, ateliers ludiques et créatifs etc.).