Plan 40 000, l'heure du premier bilan

16/07/14

Il y a un peu moins d'un an, Geneviève Fioraso, à l'époque Ministre en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, annonçait un plan de construction de 40 000 logements étudiants d'ici 2017. Un an après, l'heure est au premier bilan mais aussi à l'évaluation des promesses gouvernementales.

Une situation urgente

Dans un article du 18 septembre 2013, la FAGE évoquait déjà un contexte tendu sur le logement étudiant. Alors que les ambitions portées par la Ministre de l'époque étaient louables, des craintes financières obligeaient à la réserve. Les chiffres du coût de la rentrée ne seront divulgués que fin août mais le prix des loyers inquiète tout de même. La situation présentée en septembre 2013, faisait espérer de grandes manœuvres sociales à travers la loi ALUR (Accès au Logement et un Urbanisme Rénové). Pour rappel, le montant moyen du loyer d'un étudiant en Île-de-France était de 638,07 € et en province de 442,01€, comme indiqué il y a un an lors de la publication de l'indicateur du coût de la rentrée de la FAGE.

Au delà du coût, c'est le nombre de logements sociaux étudiants qui est alarmant. En effet, le réseau des œuvres ne recensent que 165 000 places en logement social à destination des étudiants alors que 70 % des étudiants sont décohabitants, soit 1,68 millions.

Une bataille de la FAGE

La FAGE, s'était en avril et juillet élevée contre le surgel budgétaire sur le budget du CNOUS, considérant que le projet 2020 du CNOUS, fixant entre autres comme priorité le logement, ne pouvait aboutir sans des moyens importants. Par ailleurs, comme vu précédemment, la problématique du logement se caractérise à la fois par une quantité insuffisante et un coût démesuré. Les deux aspects étant concomitants, il était important de pouvoir agir via l'outil législatif mais aussi au sein du comité de pilotage du plan 40 000 pour apporter les réponses les plus adaptées.

La FAGE a su ainsi suivre de très près les discussions de la loi ALUR afin de pouvoir y faire entendre la voix des étudiants. Bien que de nombreux chantiers restent encore ouverts, le cœur de la loi comporte des avancées notoires :

  • la suppression de la clause de solidarité dans les colocations
  • l'encadrement des loyers
  • l'harmonisation des baux
  • la limitation des frais d'agence

Alors que des rumeurs de recul du gouvernement sur la loi ALUR pèsent actuellement dans les médias, la FAGE considère comme une erreur impardonnable un pas en arrière sur le sujet. La situation de la jeunesse est aujourd'hui trop instable pour revenir sur une rare bonne nouvelle.

Une victoire de la FAGE

Le plan 40 000 logements a fait craindre un nouvel effet d'annonce comme avait pu l'être le plan Anciaux. Bien que chaque construction ou réhabilitation soit une bonne nouvelle pour les étudiants, la crédibilité de la parole politique passe par des annonces ambitieuses mais réalistes. Lors des premiers comités de pilotage, la FAGE s'est étonnée de voir autour de la table de nombreux bailleurs privés, prêts à bénéficier des avantages financiers offerts par le plan 40 000 logements. C'est ainsi que la FAGE via une motion au conseil d'administration du CNOUS de décembre a obligé à voir 40 000 logements étudiants gérés par des bailleurs sociaux. La motion n'a fait l'objet d'aucun refus et les 3 dernières années du plan 40 000 logements peuvent donc se poursuivre plus sereinement.

Premier bilan

Les chiffres ne sont pas encore à la hauteur des espérances mais la construction de logements sociaux étudiants est sur la bonne voie. La loi ALUR ayant facilité la construction de nouveaux logement en :

  • définissant le logement social étudiant ;
  • allégeant les normes d'adaptabilité aux personnes en situation de handicap au plus proche des besoins réels ;
  • supprimant l'obligation de construction de parking au regard des constructions de logements pour les étudiants.

Les chiffres prévisionnels consolidés à fin mars 2014 ont été annoncés lors du dernier CA du CNOUS. La mission menée par Marc Prévost prévoit ainsi entre 43 000 et 57 000 constructions d'ici 2017 (ou en cours de construction). Bien que les constructions de l'année en cours ne soient pas encore toutes comptabilisées, plusieurs projets ont déjà été lancés et les prévisions sont très encourageantes.

La FAGE tient à rappeler son attachement à l'aboutissement du plan 40 000 logements, aujourd'hui pierre angulaire de la résolution des difficultés que rencontrent les étudiants pour accéder à un logement. Il convient par ailleurs, de ne pas justifier de la nouveauté des résidences pour voir les loyers des logements CROUS se rapprocher indéniablement du parc privé, faisant perdre tout l'avantage de la gestion par les bailleurs sociaux.

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