Avis de la FAGE sur la démocratisation de l'enseignement supérieur et de la recherche

Les États Généraux de la FAGE, c’est la mise en place d’un projet de dialogue structuré devant permettre à la jeunesse de comprendre, s’impliquer, proposer et co-construire les réponses et politiques publiques de démocratisation de l’enseignement supérieur. 

A travers cet événement, le réseau de la FAGE investit sur tout le territoire les jeunes autour de thématiques choisies annuellement.

AXE 1 - Les liens entre enseignement secondaire et enseignement supérieur

Depuis plusieurs années, les rentrées universitaires sont l’occasion de constater l’évolution inquiétante de problématiques liées à une tension de plus en plus vive entre un nombre grandissant de jeunes souhaitant intégrer un cursus du supérieur et des moyens insuffisants pour leur assurer de bonnes conditions d’accueil et d’études. Capacités d’accueil submergées, manque de place dans les établissements, personnels enseignants, administratifs et techniques insuffisants, la situation, intenable, appelle à des réponses stratégiques et à des réformes ambitieuses, notamment sur l’articulation entre le secondaire et le supérieur.

Pourtant, à défaut de réponses globales, depuis de longues années, chaque rentrée universitaire est l’occasion du dépoussiérage des vieilles lunes allant contre la logique de démocratisation de l’accès au diplôme : sélection généralisée après le bac, augmentation des droits d’inscriptions, dislocation du service public d’enseignement supérieur, etc. Ces totems, d’ores et déjà réaffirmés dans nombre de programmes des candidats aux primaires éclipsent le débat de fond portant, au moins, sur deux piliers fondamentaux : le financement et sa répartition des établissements d’enseignement supérieur et la cohérence de lycée et du premier cycle universitaire. 

Ce second pilier interroge les questions d’orientation, de spécialisation progressive, des compétences jugées nécessaires à l’obtention du baccalauréat, des “profils de sortie” du secondaire et de leur compatibilité avec les “profils d’entrée” dans le supérieur. Aussi, la problématique du lien entre le secondaire et le supérieur nous apparaît comme primordiale en ce qu’elle permet, si elle est abordée ambitieusement, de trouver des réponses plus ambitieuses pour notre société et plus équitables pour la jeunesse que ne le sont celles prônant un système de tri, de compétition et d’inspiration marchande de l’éducation.

L’organisation actuelle du lycée en trois branches distinctes (générale ; technologique et professionnelle) dès la sortie du collège place les jeunes dans des parcours tubulaires et très peu transversaux dans lesquels ils ne sont pas ou mal préparés. Il est plus que nécessaire de revoir l’ensemble de l’organisation du secondaire pour permettre à chacun de trouver sa place, notamment par le biais d’une seconde commune. De même, l’organisation du baccalauréat marque un manque de cohérence, n’évaluant pas les connaissances globales de l’élève mais sa capacité à retranscrire fidèlement un sujet précis à un instant donné.

La manière dont sont articulées les licences témoigne d’un manque d’intérêt ou de compréhension des attentes des étudiants, de la société et de celles du monde socio- économique qui entoure les établissements. Alors que les étudiants d’aujourd’hui seront amenés à exercer plusieurs professions au cours de leur vie, le manque de pluridisciplinarité met en avant une université archaïque et disciplinaire qui n’est pas cohérente avec ses objectifs de formation.

La FAGE a toujours été motrice sur les questions d’accès à l’enseignement supérieur et tend aujourd’hui à proposer un modèle offrant une forme de continuité et de progressivité entre secondaire et supérieur. L’orientation doit en être le mot d’ordre et l’accompagnement la réalisation. 

Titre préliminaire - La nécessaire réorganisation de l'orientation

L’enseignement, dans sa globalité, fait aujourd’hui face à un véritable problème en ce qui concerne l’orientation. En effet, la multiplication des services en charge de ce service et l’absence de coordination entre eux provoquent un manque de cohérence dans l’exécution de l’orientation des jeunes. De plus, l’orientation n’est pas abordée “en tant que telle” lors des trois années de lycée, au mieux existe-t-il un léger accompagnement à quelques trop rares étapes de la scolarité, mais en aucun cas il n’existe un accompagnement permanent, ciblé et centré autour de la construction du projet personnel du jeune. Cette absence renforce grandement les effets de l’inégalité d’accès à l’information relatives aux voies professionnels, à la poursuite d’étude et participe, de fait, à l’existence d’une sélection forte mais qui ne dit pas son nom, du collège à l’université. 

Une véritable réforme de l’orientation est ainsi impérative : mutualisation des services pour une meilleure orientation et a n d’éviter qu’au cours d’un cursus, l’élève-étudiant ait un grand nombre d’interlocuteurs, désorganisés dans les réponses qu’ils apportent. Il faut que l’acteur d’orientation ait une vision territoriale et académique complète mais également qu’il soit en mesure d’accompagner le jeune sur les aides auxquelles il peut avoir accès et sur les parcours existant, tant en termes de voies professionnelles que de poursuite d’étude. 

De même, favoriser l’orientation et l’information par les pairs est aujourd’hui un moyen sûr et efficace d’accompagner les jeunes, comme le démontre le projet de la FAGE, What’s The Fac. Un tel projet a un double intérêt : de permettre la transmission d’information aux jeunes par les jeunes mais également de déconstruire les préjugés sur les différentes filières et parcours. Il faut que cette dynamique soit poursuivie et que le travail fait par les associations étudiantes dans ce domaine soit accompagné par les services d’orientation. 

La FAGE propose donc de renforcer fortement les temps d’orientation formels et informels dès la seconde en en faisant un parcours d’orientation impliquant à minima un temps individuel à chacun de six semestres composant le lycée. De plus, le renforcement des efforts de lisibilité des acteurs de l’orientation sur le territoire ainsi qu’une implication plus grande des mouvements d’éducation populaire dans les établissements est impérative. 

Titre 1 - Réformer le secondaire

Une seconde commune permettant une modularisation

Une semestrialisation permettant une orientation progressive

Le cycle secondaire est aujourd’hui organisé sous la forme de trois années de 36 semaines, organisées en trois trimestres, avec un premier choix en seconde entre parcours général et technologique et parcours professionnel puis un second choix en n d’année pour les premiers entre les différentes sous filières. Le passage en semestres des trois années permettrait de favoriser la transition vers l’enseignement supérieur, organisé pour sa part en deux semestres. 

La seconde commune regroupant les actuelles filières professionnelles, générales et technologiques est un moyen d’assurer un choix plus éclairé, libre et conscient de son projet personnel. Rendue possible par une concentration du tronc commun sur les deux premiers semestres et par l’instauration du contrôle continu, cette proposition présente également l’intérêt de favoriser la mixité et de casser les préjugés actuels sur ces trois filières. 

De plus, la semestrialisation tout au long du cursus permet une spécialisation progressive non seulement en fonction des centres d’intérêts de l’élève mais également en fonction de son projet professionnel. Avec la mise en place de passerelles et de modules (cf. b.) l’orientation devient choisie plutôt que subie, progressive plutôt que tubulaire et définitive. 

Un tronc commun affirmé et une spécialisation progressive et modulaire

Le cloisonnement des filières, avec une distinction stricte dès la fin du collège entre les différentes voies, empêche à la fois une meilleure pluridisciplinarité des parcours et le partage, entre tous les bacheliers, d’une base de tronc commun ambitieuse. Aussi, la FAGE est favorable à une approche modulaire de l’organisation de la formation au lycée; renforçant le pouvoir de choix du jeune dans l’organisation de son parcours, mais garantissant, grâce à la logique de “parcours” la cohérence de la formation au regard des pro ls de sortie attendues. Ces “pro ls de sorties”, aujourd’hui incarné par la série (L,S,ES) ou les spécialités (Techno & Pro), doivent être définis par des référentiels de compétences élaborés de manière collégiale entre services de l’état, enseignants, représentants de l’enseignement supérieur et partenaires du monde social, économique et industriel.

La FAGE a toujours fermement combattu les velléités d’adéquationnisme en matière d’éducation. Cependant l’absence de dialogue, souhaitée par les forces conservatrices agissant dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement supérieurs sont nuisibles pour la société. D’ailleurs, elles le sont tout autant pour les jeunes les plus fragiles, ceux qui, provenant de milieux moins informés quant aux voies professionnelles, aux poursuites d’études, sont plus susceptibles de faire des choix d’orientation moins éclairés, moins adaptés à leurs aspiration et préjudiciables à leur avenir. Défendre le statu quo, c’est d’abord défendre la catégorie sociale la plus aisée, mais la plus minoritaire qui pro te depuis des décennies d’un système scolaire inégal et peu lisible, dont ils sont souvent les seuls à détenir les clés, les codes et les informations. 

Une réorganisation du lycée, mêlant tous les nouveaux lycéens dans une seconde commune, avec un bloc d’enseignement commun se réduisant progressivement entre la seconde et la n de la première permet également de créer une véritable spécialisation progressive, bénéfique à la pluridisciplinarité et à l’orientation. 

Pour cela, il paraît évident que chaque jeune doit pouvoir être confronté, au moins à l’occasion d’un enseignement à chaque voie, et c’est pour cela que la FAGE propose le modèle suivant (cf annexe 1). La mise en place de passerelles entre les différents semestres de choix permet également à chacun de se réorienter dans le cas ou la voie choisie ne correspondait pas. Enfin, la mise en place d’un enseignement d’ouverture au dernier semestre du lycée, et à choisir parmi des enseignements dispensés dans le supérieur, permettra à chacun de s’ouvrir sur la suite de ses études. 

En finir avec l'hypocrisie du contrôle terminal, réducteur, pesant et anti-pédagogique

Une certification de compétences appuyée sur un contrôle continu

Le baccalauréat tel que mis en place aujourd’hui est le principal facteur de l’archaïsme régentant l’organisation pédagogique du lycée. En effet, outre le fait qu’il matérialise une dépense importante et qu’il oblige les élèves à n’avoir cours que 36 semaines dans l’année, il a également un impact important sur les programmes. Ainsi, dans une organisation repensée de l’enseignement au lycée, il ne serait pas forcément utile, par exemple, qu’un élève qui ferait le choix d’une formation plutôt professionnelle et technologique ai des cours de français ou de langue jusqu’à la n de son lycée, si le contenu du référentiel de compétence a pu être regroupé sur les quatre premiers semestres. Il ne s’agit en aucun cas de diminuer le “niveau” attendu en n de formation, au contraire. Il s’agit de penser l’organisation du lycée de manière plus modulaire, et plus progressif dans sa spécialisation en s’affranchissant de l’horizon du contrôle terminal, contraignant mécaniquement tant la structure même des emplois du temps et l’organisation de la pédagogie et de la scolarité .

Supprimer les épreuves du baccalauréat permettrait donc de revoir la façon dont sont enseignés l’ensemble des matières : il n’est dès lors plus nécessaire de faire courir des programmes jusqu’à la terminale si toutes les compétences et connaissances peuvent être acquises en un an. 

Enfin, le fait de passer d’épreuves terminales à des épreuves en contrôle continu permet la mise en place d’une véritable évaluation de l’étudiant, valorisant réellement ce qu’il a acquis mais permettant également de l’accompagner tout au long de l’année. De plus, supprimer le facteur stressant du baccalauréat permettrait à chacun d’être centré non pas sur ce qui va lui être demandé lors de l’épreuve finale mais sur son projet personnel et professionnel et, surtout, sur sa progression. Le fait de passer en contrôle continu permet d’avoir une évaluation non pas à un instant particulier mais au l de l’eau, tout au long de l’année, et permet de casser la mécanique de coefficient, donnant à chaque matière une valeur égale. 

Une transition vers l'enseignement supérieur facilitée

Le cap entre le lycée et l’enseignement supérieur semble souvent difficile à franchir pour les néo-bacheliers. Après avoir été préparés à un seul examen, le baccalauréat, pendant trois ans, la multiplicité des enseignements et des méthodes qui leurs correspondent peuvent rapidement les mettre en situation d’échec. 

Une réorganisation des études secondaires ainsi qu’un travail sur les attentes du supérieur par rapport au lycée permet de préparer au mieux les jeunes pour leur arrivée dans le supérieur. Ainsi réorganiser l’orientation durant le lycée permet au jeune de découvrir les filières et ses centres d’intérêts, mais également, grâce aux enseignements d’ouverture, de découvrir le monde universitaire. La n de l’examen du baccalauréat permet d’éviter le système de représentation des différentes filières et de construire des parcours d’orientation. 

Il faut cependant être attentif quant au fait que cette orientation progressive et les différents cursus suivis au lycée ne mettent pas le jeune dans une obligation d’orientation mais bien que cela soit la traduction de moyens mis en oeuvre pour favoriser sa réussite. 

Titre 2 - Vers un supérieur permettant la réussite de tous

Des licences portails permettant une orientation progressive

Des licences larges permettant des parcours progressifs

A l’heure actuelle, la licence est organisée par domaines distincts et offre peu de possibilité en terme de transversalité, y compris dans les différents grands domaines qui restent divisés en unité de formation et recherche. C’est pour cela que la FAGE demande depuis plusieurs année la mise en place de licences portail multidisciplinaire à spécialisation progressive. Ainsi les UFR des grands domaines offriraient une première année de licence commune et une possibilité de découverte des filières avant de faire leur choix. Il y aurait ainsi cinq grands domaines : droit économie gestion (DEG) ; lettres langues arts et sciences humaines (LLASH) ; sciences et techniques (ST) ; santé et STAPS. 

Il s’agirait ainsi de mettre en œuvre une véritable pluridisciplinarité permettant à l’étudiant de découvrir les différentes offres et de s’orienter progressivement avec diverses possibilités de réorientation, avec une logique de spécialisation progressive : au cours de la licence l’étudiant en LLASH passe d’un enseignement commun à un enseignement spécialisé, en art par exemple. 

Il est également nécessaire d’accentuer la part d’enseignements d’ouverture qui permettent de découvrir des spécialités ou d’accéder à des domaines spécifiques dans la suite de leurs études, y compris en prenant des modules de d’autres domaines pour construire une orientation plus complète et surtout une ouverture d’esprit. Ces unités d’ouvertures permettent de mixer les formations et les expériences des étudiants et de diversifier les compétences et connaissances acquises. 

En n, la reconnaissance des engagements parallèles au cursus doit être mise en place dans chaque établissement de manière à permettre une véritable reconnaissance des compétences acquises dans ce cadre pour les étudiants. La reconnaissance de l’engagement doit être un moyen pour chacun d’être valorisé et de bénéficier le cas échéant d’un accompagnement. 

Des possibilités de parcours modularisés

La licence, en tant que cycle se doit de répondre à plusieurs objectifs : permettre une insertion professionnelle à ceux qui le souhaitent et permettre aux autres une poursuite d’études. Pour cela, il est nécessaire de changer l’approche que nous avons de la licence, notamment en favorisant l’approche par compétences. 

L’approche disciplinaire qui est mise en œuvre aujourd’hui à l’université reste particulièrement restrictive dans un grand nombre de domaines et ne permet pas d’insertion professionnelle au jeune diplômé puisqu’il ne peut valoriser que des connaissances mais aucune compétence. La mise en place de l’approche par compétence tout au long de la licence permet au jeune de comprendre ce qu’il a acquis au long de ses études et à son futur employeur de mieux cadrer son pro l puisqu’il pourra mettre en perspectives les compétences scolaires et parascolaires acquises par le jeune. 

En n, l’approche par compétence, tout comme la spécialisation progressive permet également de favoriser les possibilités de réorientation, notamment par des passerelles entre les filières des grands domaines et par la validation de certaines compétences transversales. Ce système vient donc diminuer l’échec, mais nécessite une évaluation cohérente. 

Une pédagogie permettant de favoriser la réussite étudiante

Des enseignants ayant la possibilité d'innover

L’innovation pédagogique est aujourd’hui une nécessité. Avec la massification de l’enseignement supérieur et la diversité des publics, il est nécessaire que chaque enseignant puisse adapter ses modalités d’enseignements en fonction de son enseignement. Favoriser la diversification des modalités d’évaluation en sortant de l’archaïsme du simple contrôle terminal et en lui préférant le contrôle continu, qui permet de mettre en œuvres diverses formes d’évaluation, en groupe, oraux etc permet d’améliorer la réussite étudiante. 

Le fait de permettre aux enseignants d’innover leur permet de s’adapter à leur public et aux objectifs de leurs unités d’enseignement. Il faut en finir avec la vision tendant à penser l’enseignant comme un ouvrier de l’éducation nationale uniquement chargé de mettre en œuvre des programmes selon des modalités pédagogiques dé nies et cadrées nationalement. Pour la FAGE, l’enseignant est un professionnel de la pédagogie. Si l’existence de programmes nationaux garantit l’égalité sur le territoire, les freins à l’autonomie pédagogique nuisent d’abord et avant tout aux jeunes en n’autorisant pas suffisamment les enseignants à déterminer en responsabilité quelle modalité pédagogique est la plus adaptée à l’objectif d’apprentissage et à la classe. 

Cette possibilité d’innover ne va pas sans une véritable formation des enseignants à la pédagogie, à la fois en formation initiale mais également en formation continue. Cette formation permettra à tous les enseignants d’être formés aux différentes formes de pédagogie et de choisir celle qui correspondra le mieux à leurs objectifs. 

Un étudiant au centre de son enseignement

L’enseignement dans le supérieur se doit d’être adapté à la multiplicité de profils qui l’intègrent, de ce fait, il est nécessaire que la pédagogie appliquée y soit centrée sur l’étudiant et permette à chacun, après avoir trouvé sa place grâce à de véritables processus d’orientation, d’avoir les clefs en main pour réussir. C’est pour cela qu’il est nécessaire de changer la façon dont la pédagogie est mise en œuvre, favorisant les temps d’enseignement à effectif réduit et en permettant à chacun de se retrouver dans l’évaluation en réussissant à se placer dans le groupe. 

De plus le fait de sortir de la logique de note mais en travaillant sur l’acquisition ou non d’une compétence ou connaissance permet à la fois de revaloriser les ECTS et surtout de rentrer dans une dynamique positive pour l’étudiant. Il est également nécessaire de mettre en œuvre des enseignements transversaux et d’ouvertures : langues, enseignements venant de blocs compris dans d’autres maquettes d’enseignements et dans d’autres domaines, qui vont permettre au jeune de continuer son orientation tout au long de son cursus. 

Enfin, le fait de mettre en place une véritable évaluation des enseignements permet d’entrer dans une démarche d’assurance qualité : l’étudiant s’investi alors plus dans ses enseignements et l’enseignant s’adapte aux besoins de ses étudiants. Ce genre de démarche permet réellement d’influer sur les méthodes d’enseignements et de permettre à chacun d’influer sur la dynamique pédagogique de la maquette. 

AXE 2 - Relations entre métiers-emplois-formations : un dialogue entre organismes de formations et monde socio-économique

Dans le contexte d’une société en perpétuelle mutation, l’environnement socio- économique de nos universités est en évolution permanente. La place de la formation, initiale ou continue, joue alors un rôle majeur dans la construction et dans l’évolution du projet professionnel et personnel d’une personne. Relever les défis de la formation tout au long de la vie, devient, alors, un enjeu prioritaire pour favoriser l’égalité des droits mais aussi l’épanouissement de tout un chacun.

Depuis la loi relative à la “formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale” de mars 2014, de multiples outils ont pu être développés, dont le Compte personnel de formation (CPF). La conception de la formation professionnelle doit être un levier de la promotion sociale et professionnelle, car les compétences et qualifications des salariés sont des facteurs de compétitivité réelle.

Les objectifs se doivent d’être rassemblés auprès de l’ensemble des acteurs de la formation, initiale ou continue, pour répondre aux futurs enjeux de la société de demain. 

Renforcer la place des établissements supérieurs dans leur rôle pour la formation tout au long de la vie

La FAGE défend la logique de formation tout au long de la vie notamment par l’approche par compétences, et souhaite développer le dialogue autour de la thématique emplois-métiers-formations. L’amélioration des liens entre la formation continue et la formation initiale est nécessaire, notamment sur le sujet de la lisibilité des formations. 

Le renforcement de la formation professionnelle et de l’alternance permettrait également de renforcer les interactions entre les établissements de l’enseignement supérieur et le tissu socio-économique. 

Dans cette perspective et dans le cadre de la formation tout au long de la vie, cette organisation facilitera la validation progressive des diplômes au niveau de la formation continue dans une logique de blocs de compétences. 

De même, c’est avec un accompagnement adéquat, des projets de promotion des formations et des droits à la formation, que les projets personnels pourront se construire plus facilement. 

Vers un changement de paradigme entre formation initiale et formation continue

La formation initiale désigne la première formation obtenue au terme d’un cycle d’étude. Elle s’oppose à la formation continue. Elle désigne aussi la formation acquise par l’individu dans le cadre éducatif et dans le cadre d’apprentissage et d’expérience acquise au sein de l’entreprise. 

La formation continue concerne les individus qui sont rentrés dans la vie professionnelle et ont donc quitté la formation initiale. Elle permet aux personnes diplômés, en emploi, ou à la recherche d’emploi de pouvoir continuer à se former pour améliorer leurs compétences et de pouvoir s’adapter aux mutation et transformation du secteur d’activité dans lequel ils évoluent. 

Pour les publics accueillis, à savoir une proportion importante de publics relevant de la FC, la formation toute au long de leur vie va être facilitée grâce au compte personnel de formation depuis la loi de Mars 2014. 

L’objectif devient donc multiple : d’une part ce fonctionnement permet aux salariés de pouvoir pro ter de l’expertise des enseignants chercheurs pour se former tout au long de leur vie mais aussi qu’ils puissent apporter leur ressenti de terrain et de ce fait alimenter la réflexion sur le projet d’insertion professionnelle de l’étudiant. 

En mutualisant les unités enseignements entre FI et FC, outre la question d’auto financement par l’intermédiaire de la formation professionnelle, l’université se replace au cœur de la société, et assure ainsi son rôle social et sociétal. 

Une meilleure lisibilité des diplômes du supérieur pour une amélioration de leur visibilité

La reconnaissance par les branches professionnelles des diplômes universitaires doit être existentielle pour une facilité l’insertion professionnelles des diplômé.e.s . En effet par la participation des branches au comité de pilotage de formation mais également par leur investissement dans les conseils de perfectionnement (loi ESR 2013), participera à la valorisation des diplômes et certification du supérieur.

La formation s’organise alors autour de deux types d’objectifs : une adaptation à des métiers et une adaptabilité créatrice pour pouvoir s’adapter à des évolutions futures voir inventer de nouveaux métiers.

Pour se réaliser, les enseignements doivent s’appuyer sur les référentiels de compétences (LMD) mais aussi être discutés avec les branches professionnelles.

Il devient alors plus simple de jouer sur la complémentarité des diplômes avec les partenaires dans logique de cheminement autour de la FTLV et de la Validation des Acquis par l’Expérience.

Améliorer le parcours de formation tout au long de la vie des citoyens

Organisée pour faciliter le retour en formation et pouvoir délivrer des compétences repérées indépendamment du diplôme dans une logique de formation tout au long de la vie, la mise en place de blocs de compétences (cf annexe 2) dans les diplômes et certifications du supérieur est un enjeu majeur. En effet, établis sur la base de modules, les blocs de compétences pourront être capitalisables pour que chaque salarié puisse accéder une qualification et à un diplôme complet à son rythme. 

Cette transformation de la FI/FC permettra la promotion sociale et professionnelle par la validation progressive de diplômes et certifications par l’intermédiaire des blocs de compétences et permettre au salariés de maintenir son emploi totalement ou partiellement (notamment e-learning, la formation ouverte et à distance). 

Il est également important que les diplômes du supérieur puissent être éligible au fond de la formation professionnelle. En effet, par l’inscription des blocs de compétences développés dans en LMD sur les fiches du répertoire national des compétences professionnelles (RNCP), les salariés pourront valider les blocs en fonction des compétences identifiés dans les UE. 

L'évaluation

L’enseignement devient alors apprentissage. Cette notion est donc à différencier de l’approche par objectifs, ou par connaissances, qui base l’enseignement sur l’acquisition de connaissances théoriques seules nécessaires à l’étudiant pour progresser dans son parcours éducatif. 

L’approche par compétences peut donc être perçue comme la construction de cursus non pas centrés sur les résultats, mais sur la progression dans l’apprentissage. A ce titre, c’est une approche qui se veut moins stigmatisante pour l’étudiant, et donc plus à même de développer son potentiel d’apprentissage 

La FAGE défend le passage à une notation basée sur une logique certificative, comme dans l’enseignement des langues par exemple. En effet, les langues sont à la pointe de l’évaluation par compétences, par laquelle l’apprenant valide des niveaux d’acquisition des compétences (A1/A2 - B1/B2 - C1/C2) où A correspond à une utilisation élémentaire de la langue, et C à une utilisation expérimentée. 

Son principal atout est qu’il se base sur un référentiel de compétences lisible pour tout le monde. Il fournit donc une base commune pour la conception des programmes des équipes pédagogiques. Qui plus est, il est commun aux différents États membres du Conseil de l’Europe. 

La FAGE propose que ce système soit adapté à l’ensemble des domaines, sur la base des référentiels de compétences déjà existants. Ainsi, l’apprenant pourra se situer dans son apprentissage, et rendre davantage visible la signification de ses évaluations, basées sur un référentiel commun. 

Les Universités délivrent ensuite des attestations de réussite aux blocs de compétences, et ainsi permettre aux “formés” d’évoluer dans une formation progressivement et tout au long de leur vie. Cette évolution ne pourra se faire, que par la mise en place de l’évaluation par contrôle continu intégral permettant de valider les compétences à chaque n de module et de chaque bloc. 

Connecter les instances de dialogue et développer les outils pour une meilleure relation entre l'établissement et son environnement socio-économique

Pour une évolution de l’ensemble de formation, de multiples instances ont été créés comme :

  • Commission Professionnelle Consultatives (CPC) - 1972
  • Conseils Nationaux Sectoriels (CNS) - 2015
  • Conseils de Perfectionnement dans les universités - 2014
  • Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi (DIRECCTE)
  • Régions

Les conseils de perfectionnement devraient être mis en place dans l’ensemble des universités, mais bien souvent, n’ont pas la fonction qu’ils devraient avoir. La FAGE souhaite que les conseils de perfectionnement puissent intégrer les professionnels du secteur pour un meilleur dialogue professionnel entre les universités et le monde socio-économique. 

Il est également essentiel de pouvoir faire de ses espaces de dialogue un lieu d’anticipation et de réflexion basé sur les notions d’emploi et de formation, notamment avec l’action essentielle des SCUIO-IP (services universitaires d’informations, orientations et insertion professionnelle) 

Une dimension nationale inter-connectée avec les espaces territoriaux

Au niveau national, comme le constate le CNEE, l’absence dans l’enseignement supérieur, de structures équivalentes aux commissions professionnelles consultatives permettant l’association des branches à l’élaboration des diplômes professionnels et technologiques de l’éducation nationale, n’est pas percevable. 

Pour pallier cette carence, et tout en respectant les spécificités de l’enseignement supérieur, la FAGE souhaite l’instauration de conseils sectoriels nationaux ayant pour mission d’organiser au plan national la concertation avec le(s) secteur(s) économique(s) concerné(s) sur les référentiels de compétences des diplômes du supérieur. 

Composé à parité de représentants du monde économique (branches, filières, fonctions publiques concernées) et de représentants de l’enseignement supérieur, ces structures consultatives seront également chargées de cartographier les formations, d’alimenter la réflexion prospective sur l’évolution de l’offre de certification et de formation 

A n de pouvoir réfléchir globalement sur la place importante de la formation au sein de la société, la FAGE souhaite que les instances interagissent plus efficacement pour pouvoir faciliter l’insertion professionnelle. Des objectifs comme la valorisation des formations du supérieur auprès des branches professionnelles pourront être travaillés collectivement.