Le financement de l'enseignement supérieur et de la recherche

Le financement de l'enseignement supérieur et de la recherche en France ne répond plus aujourd'hui au besoin de la société en termes de niveau de qualification de sa jeunesse. Le choc de compétitivité doit passer par un accès élargi à l'enseignement supérieur.

Contexte

La question du financement de l'enseignement supérieur est aujourd'hui au centre de tous les débats. Augmentation des frais d'inscription, participation des entreprises, récupération de dons via la création des fondations, remboursement à postériori du coût des études... ; autant de sujets qui amènent les Etats, européens et internationaux, à se questionner sur l'avenir de leurs études supérieures, qui voient s'affronter les partis politiques, les grands penseurs et experts de l'enseignement supérieur, les conférences et organisations représentatives de la communauté universitaire se référant à leur idéologie et à leur analyse, pour essayer de défendre leur vision de l'enseignement supérieur.

Ce que la FAGE propose

Une nécessaire augmentation du financement de l'enseignement supérieur ne passant pas par l'augmentation des frais d'inscription

La jeunesse et l'éducation ont plus que jamais besoin de confiance et de soutien de la part de l'Etat. Nous avons besoin qu'il investisse en masse dans la jeunesse et l'éducation dans son ensemble. S'il est évident que la situation n'est pas favorable à une augmentation des dépenses de l'Etat, ces dernières doivent néanmoins être priorisées et l'enseignement supérieur doit arriver en tête.

La FAGE réaffirme donc la nécessité d'un financement étatique conséquent et note également l'importance d'un financement varié de l'Enseignement Supérieur par le biais notamment des collectivités territoriales afin d'assurer l'égalité des chances, notamment en terme d'accès à l'enseignement supérieur et affirmer l'ancrage de nos Universités dans leur territoire, tout en respectant leurs autonomies.

Pour se faire, la FAGE insiste sur l'importance du soutien des collectivités territoriales à l'enseignement supérieur et la recherche, sous différentes formes, qu'il s'agisse d'investissements directs, ou indirects. La FAGE propose donc que les collectivités soient associées au financement des universités d'une manière globale tout en leur laissant une autonomie de gestion des fonds. Ces financements des collectivités territoriales peuvent également prendre la forme d'aide à la vie étudiante dans le cadre d'une politique collaborative entre les différents acteurs de vie étudiante et de jeunesse d'un territoire.

La FAGE considère que l'enseignement supérieur Français nécessite un financement en augmentation. Ainsi sommes-nous favorables à l'augmentation de la part des financements privés aux établissements à condition qu'ils restent maitres de leurs formations et de leurs productions, ceci ne devant pas être prétexte à un désengagement de l'Etat.

Nous tenons à rappeler que l'enseignement supérieur n'a pas vocation à rentrer dans une logique de marché et que le financement étatique doit être renforcé et rester majoritaire, assurant la pérennité du service public de l'enseignement supérieur Français.

L'étude de l'INSEE sur « La répartition des dépenses publiques de l'enseignement supérieur et des aides associées » démontre qu'une augmentation des frais d'inscription, sauf à les multiplier par 20 ou 30, ne représenterait qu'un apport négligeable dans le système de financement de l'enseignement supérieur, ne répondant pas au problème posé mais entrainant, de fait, une inégalité renforcée dans l'accès à l'enseignement supérieur.

La FAGE réaffirme son attachement à l'égalité de traitement dans l'enseignement supérieur, à l'égal accès à tous à l'université et à l'égalité des chances.

Ainsi, la FAGE se positionne fermement contre toute augmentation des frais d'inscription en formation initiale dans l'enseignement supérieur et affirme l'inefficacité d'un financement par les usagers de cette formation.

Une nécessaire augmentation conjointe des aides sociales

Il est prouvé que, y compris dans les systèmes éducatifs aux coûts les plus bas, les inégalités sociales entrainent des inégalités de réussites. La FAGE estime donc que seule la synergie d'action non augmentation des frais d'inscription / réévaluation des aides aux étudiants pourra favoriser l'égalité des chances et la réussite dans les différents cursus. La mise en place de l'Aide Globale d'Indépendance est par conséquent une nécessité.

Un modèle ne répondant pas aux besoins

La mise en place d'un impôt post-universitaire ou de tout système basé sur le même principe apporte bien trop de problèmes. Un tel système entraîne une dénaturation des missions de l'université puisque l'on pourrait être amené à choisir de manière préférentielle les filières rapportant le plus après obtention du diplôme et embauche pour rembourser et « rentabiliser sa formation ». On observe alors une perte d'intérêt pour la transmission de l'information et l'évolution de la société mais avec une focalisation sur l'insertion professionnelle

En bref

  • La FAGE réaffirme donc la nécessité d'un financement étatique conséquent et note également l'importance d'un financement varié de l'Enseignement Supérieur par le biais notamment des collectivités territoriales afin d'assurer l'égalité des chances, notamment en terme d'accès à l'enseignement supérieur et affirmer l'ancrage de nos Universités dans leur territoire, tout en respectant leurs autonomies.
  • La FAGE considère que l'enseignement supérieur Français nécessite un financement en augmentation. Ainsi sommes-nous favorables à l'augmentation de la part des financements privés aux établissements à condition qu'ils restent maitres de leurs formations et de leurs productions, ceci ne devant pas être prétexte à un désengagement de l'Etat.
  • La FAGE se positionne fermement contre toute augmentation des frais d'inscription en formation initiale dans l'enseignement supérieur et affirme l'inefficacité d'un financement par les usagers de cette formation.
  • L'enseignement supérieur étant un enjeu collectif et non individuel, son financement public doit être réalisé par un impôt collectif et non pas post-universitaire à la seule charge de l'apprenant.
  • Possibilité de collecte de la taxe d'apprentissage par les universités.
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