Admission Post-Bac : catalyseur d’orientation?

06/01/2016

A deux semaines de l’ouverture des inscriptions et de la saisie des voeux d’orientation dans le supérieur, la FAGE propose un retour sur les dernières évolutions de la procédure d’Admission Post-Bac.

Admission Post-Bac est un portail visant à simplifier les démarches de pré-inscription dans l’enseignement supérieur français en regroupant en un seul endroit environ 12 000 formations post-baccalauréat. Cette année verra un certain nombre d’évolutions concernant ce portail.

Il a été observé que quatre filières étaient particulièrement demandées par les lycéens : Licence en Droit, en Psychologie, en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives (STAPS) ainsi qu’en Première Année Commune aux Études de Santé (PACES). En outre, dans un soucis de proximité géographique, les lycéens ont davantage tendance à formuler des voeux au sein d’un même établissement que des voeux propres à un choix d’orientation. Afin d’augmenter le nombre de premiers voeux exaucés pour ces 4 filières, il sera possible de faire un choix groupé, c’est à dire le choix d’une même filière sur une zone géographique plutôt que sur un seul établissement. La FAGE attend de cette mesure qu’elle soit associée des moyens en matière de mobilité pour éviter que l’accès à ces filières soit davantage conditionné aux capacités financières des étudiants.

Dans le cas où le futur bachelier formulait peu de voeux et uniquement sur des filières sélectives (ex. classes préparatoires) dans lesquelles il n’était finalement pas admis, celui-ci se voyait imposer une orientation, tardivement de surcroît. Afin de limiter ce type de situation, il sera maintenant demandé pour valider ses voeux qu’y soit présente au moins une filière “libre” (non sélective et sans capacité d’accueil). En intégrant les filières à capacité d’accueil dans cette mesure, présentée comme mettant fin à une orientation “par défaut”, le ministère consacre les capacités d’accueil comme d’un dispositif de sélection couperet et ne fait en réalité que l’exacerber en contraignant l’étudiant à se replier sur des filières qui ne correspondent pas à une volonté manifeste d’orientation. Pour la FAGE, cette inclusion revient en somme à attaquer le principe de non sélection à l’entrée de l’Université et à, lentement, présenter le phénomène des capacités d’accueil comme un problème ne pouvant être solutionné que par l’organisation arbitraire du tri à l’accès à l’Université. Pourtant, iI convient de préciser les modalités de définition de la capacité d’accueil qui sont à l’heure actuelle aléatoires et trop souvent confondues avec un moyen de contrôle en matière de prospective métiers ou de contrôle budgétaire.

Afin d’éclairer les choix d’orientation, APB présentera également des données illustrant les taux de réussite au sein des différentes filières selon les profils d’entrée (type de baccalauréat, mention, etc.) , les poursuites d’études, les insertions et salaires. Si l’on peut se féliciter d’une volonté d’éclairer l’orientation, il convient cependant d’être vigilant à la façon dont sont présentés les différents éléments. En effet, notre système d’enseignement supérieur a une responsabilité envers son objectif de démocratisation de la réussite, sans se départir de ses exigences, c’est pourquoi il est urgent d’aller de l’avant en matière d’évolution pédagogique au sein des formations et d’accompagnement des étudiants. En outre, il conviendra de modérer l’impact de l’insertion professionnelle tant elle fluctue en fonction des choix de poursuite d’études et de la variabilité de la valorisation des compétences développées au cours du cursus universitaire, sur laquelle nous avons de nettes marges de progression notamment dans le développement du supplément au diplôme.

L’accessibilité des voeux émis par les lycéens sera désormais plus aisée pour les enseignants, avec la volonté affichée de répondre aux situations susceptibles d’être problématiques (absence de voeux,...). Il faudra être vigilant à ce que cette évolution ne soit pas employée à de mauvaises fins, et notamment pour exercer sur le jeune un abus d’influence et lui imposer dans les faits une orientation prescrite en décalage avec sa volonté et ses capacités. La différence entre le cadre scolaire et le cadre universitaire empêche de préjuger des capacités d’un lycéen au sein du système universitaire.

Enfin, considérant que le baccalauréat professionnel a été le plus grand levier de démocratisation de l’accès à l’enseignement supérieur d’une part et que ces bacheliers ont paradoxalement peu accès aux STS, le ministère entend développer la politique de quotas au sein de ces filières pour limiter le glissement observé où les bacheliers technologiques se retrouvent essentiellement au niveau des STS et les bacheliers généraux au sein des DUT.

Afin d’améliorer l’orientation des jeunes, la FAGE appelle au développement de Licence portail permettant une spécialisation progressive plutôt qu’une orientation couperet et irréversible. En outre, la FAGE appelle à la sanctuarisation et au développement des temps dédiés à l’orientation du collégien et du lycéen pour limiter l’orientation par défaut et de cesser d’organiser l’orientation autour de cette plateforme, mais de la prévoir en amont.

Rappel des dates clés :

  • 20 janvier - 20 mars 18h : Inscription et saisie des voeux sur cette page
  • 2 avril : Date limite de confirmation des voeux et d’envoi des dossiers papier
  • 3 mai - 6 mai : Vérification de la réception des dossiers papier
  • 20 janvier - 31 mai : Modification de l’ordre des vœux
  • 8 juin 14h - 13 juin 14h : Première phase d’admission et réponse des candidats
  • 24 juin 14h - 9 septembre 23h59 : Procédure complémentaire

Si vous êtes perdus avec APB, retrouvez le guide sur cette page.

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