Rentrée sous tension, la FAGE attend des réponses d'urgence !

28/06/17

La rentrée 2017 s’annonce sous tension. Au terme de la première vague d’admission post-licence, 46% des bacheliers ayant souhaité s’orienter en STAPS, 30% en psychologie, 24% en droit n’ont pas vu leur voeu d’affectation exaucé. Ainsi, ce sont 17.000 étudiants qui se retrouvent encore au terme de la seconde vague sans affectation.

Face au développement du nombre de formations à capacité d’accueil limitée d’une part, et de la diminution des capacités d’accueil par ailleurs, la FAGE ne tolère pas pas que des bacheliers ne soient pas en mesure de pouvoir poursuivre des études dans une formation qui leur correspond. C’est pourquoi la FAGE propose une évolution de l’organisation des études, tant au lycée qu’en licence afin de permettre une réelle spécialisation progressive en décloisonnant les filières du lycée et en créant des licences portail d’autre part. En s’appuyant sur des dispositifs permettant d’améliorer l’accueil des nouveaux étudiants et de nouveaux dispositifs pédagogiques, nous sommes en mesure de développer les capacités d’accueil pour faire face à l’augmentation démographique. Enfin, consacrer l’orientation comme objet d’études en tant que tel est primordial pour donner à chacun les outils pour s’orienter vers la formation qui lui correspond le mieux.

La rentrée 2017 sera également marquée par la réforme du Master. La FAGE a milité de longue date pour rendre cohérentes les deux années du deuxième cycle d’études supérieures, tout en permettant un droit à la poursuite d’études en master pour les titulaires d’une licence qui le souhaitent. S’agissant de la première année où ce droit peut s’exercer, il est primordial de s’assurer qu’il puisse se faire valoir par les étudiants et la FAGE accompagnera les étudiants en conséquence.

Face à l’ensemble de ces éléments, la FAGE s’était profondément inquiétée de la volonté du Président de la République, Emmanuel Macron, lorsqu’il était candidat à la Présidence, de seulement sanctuariser le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche. La FAGE appelle à ce que l’Etat fasse sienne l’ambition d’un système d’enseignement supérieur et de recherche financé à hauteur des besoins pour répondre des objectifs de démocratisation de l’enseignement supérieur. Ce n’est qu’à ce prix que nous serons en moyen de rompre avec la fracture sociale, mais aussi de relancer l’émancipation personnelle comme l’économie au moyen de la recherche et de l’innovation.

France Stratégie avait défini à cet égard les besoins à hauteur d’un milliard d’euros supplémentaires pendant 10 ans pour répondre de cet objectif. Ces éléments sont également corroborés par le livre blanc de l’enseignement supérieur et de la recherche qui vient faire une synthèse de la stratégie nationale de la recherche (SNR) et de la stratégie nationale de l’enseignement supérieur (STRANES).

Dans ce contexte, la FAGE ne peut laisser la situation pérécliter et a adopté le 23 juin dernier une motion de mobilisation sous conditions pour souligner l’urgence d’une action du gouvernement sur ces différents sujets.

La motion adoptée est la suivante :

Depuis plusieurs années, nous faisons face à une augmentation des effectifs étudiants dans l’Enseignement Supérieur, avec, pour l’année universitaire 2016-2017, 2,6 millions d’étudiants, dont plus de 1,6 million inscrits à l’Université. Cette massification est une chance et une véritable opportunité si elle s’accompagne d’investissements suffisants pour permettre une réelle démocratisation des études supérieures.

L’augmentation du budget de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche pour l’année 2017 est encore trop insuffisante pour combler les besoins des Universités et garantir un accès universel à un enseignement de qualité. La circulaire ubuesque du 27 avril 2017 instaurant le tirage au sort pour les filières dites « sous tension » vient concrétiser des pratiques préexistantes notamment en STAPS. Une réforme profonde de notre système éducatif doit être une priorité pour mettre fin à la pratique inacceptable du tirage au sort.

Tirage au sort, manque de moyens dans les établissements, interrogations persistantes concernant l’application de la réforme Master… La rentrée 2017 s’annonce difficile et sous tension.

Face à ces difficultés qui s’additionnent, le statu quo n’est pas acceptable. Il est fondamental de faire émerger un système d’enseignement supérieur et de recherche qui permette de démocratiser l’accès aux savoirs et à la qualification à tous les jeunes disposant d’un projet professionnel. A l’inverse, la mise en place d’un enseignement supérieur qui trierait ou sélectionnerait les néo-bacheliers en laissant une partie de la jeunesse en dehors du système, serait profondément irresponsable à l’heure où les plus jeunes générations subissent un chômage massif et lorsque l’on sait que l’accès à la qualification constitue le pré-requis de l’accès à l’emploi.

La FAGE et son réseau sont prêts à se mobiliser à la rentrée 2017 afin d’exprimer haut et fort leur attachement à un Enseignement Supérieur performant, innovant et accessible à tous. L’Assemblée Générale de la FAGE appelle à la mise en place de concertations dès le début du mois de juillet afin de faire émerger des réponses pragmatiques et concrètes à la problématique de l’accès aux études supérieures.

L’Assemblée Générale de la FAGE annonce sa volonté d’appeler à la mobilisation générale à la rentrée 2017, si les étudiants n’obtiennent pas les garanties suivantes :

- Investissement financier massif dans l’Enseignement Supérieur pour faire face à l’augmentation démographique étudiante.

- Abrogation du tirage au sort et lancement d’une réforme de l’orientation et de l’organisation de l’enseignement secondaire et supérieur pour la rentrée 2018.

- Droit à la poursuite d’études effectif en Master pour les titulaires du diplôme national de Licence conformément à l’esprit de la réforme.