Frais d’inscription maintenus, la Cour des Comptes désavouée par le gouvernement

12/07/17

Alors que la Cour des Comptes, dans son audit des finances publiques remis au Premier Ministre le 29 juin dernier, a identifié la hausse des frais d’inscription comme une piste à envisager pour rendre plus “efficientes” certaines politiques publiques, ces derniers ne se verront pas augmenter pour la rentrée 2017-2018.

Au terme d’une mobilisation de la FAGE, le ministère, dans un courrier adressé aux Présidents d’Universités, contenant la circulaire ainsi que le tableau des montants de droits de scolarité nous indique un gel de ces derniers pour la rentrée à venir.

La Cour des Comptes identifie une augmentation des frais d’inscription comme une solution envisagée afin de supprimer le “risque budgétaire” que représente la Mission Interministérielle Recherche et Enseignement Supérieur (MIRES). La FAGE rappel que l’accès à l’enseignement supérieur fait l’objet d’une importante reproduction sociale et que la mise en place d’une barrière financière ne saurait répondre de l’impératif de démocratisation ni être suffisant pour répondre aux enjeux structurels auxquels fait face notre système d’enseignement supérieur. Les frais d’inscription représentent en moyenne 2% dans les budgets des universités. Leur augmentation ne saurait répondre aux besoins d’investissement direct. En outre, faire peser ces éléments sur les étudiants revient à défausser la collectivité de sa responsabilité et à faire peser sur les jeunes à l’âge de l’émancipation une charge trop conséquente au moment où la précarité est croissante.

Manque de moyens conséquents, capacités d'accueil et tirage au sort laissant des milliers de jeunes sans la formation de leur choix à la rentrée... La situation de nos établissements d’enseignement supérieur, et de notre système éducatif en général, est aujourd’hui catastrophique.

La jeunesse et l'éducation ont plus que jamais besoin de confiance et de soutien de la part de l'Etat. Nous avons besoin qu'il investisse en masse dans la jeunesse et l'éducation dans son ensemble. S'il est évident que la situation n'est pas favorable à une augmentation des dépenses de l'Etat, ces dernières doivent néanmoins être priorisées et l'enseignement supérieur doit arriver en tête.

L’enseignement supérieur doit répondre à ses missions de service public et permettre à chaque jeune l’accès à la qualification en passant par des enseignements de qualité grâce, notamment, à une hausse du budget alloué à nos établissements. Consciente que cette augmentation ne peut être assurée uniquement par une hausse de la dotation de l’Etat, même si celui-ci doit établir un réel plan d'investissement afin d’accompagner la hausse de la démographie étudiante, la FAGE revendique :

  • La création d’un Pacte pour l'Éducation par une taxe paritaire, où les composantes de la société prennent toutes part à la hauteur de ce que cela leur apporte, que ce soit en termes de développement personnel, de compétences, et à l’échelle de la société dans son ensemble, en matière de développement.

  • Repenser la politique des appels à projet en incitant et ciblant sur l’enjeu de démocratisation de l’accès et de la réussite dans l’enseignement supérieur.

  • La diversification des sources de financement, avec notamment les fonds de la formation continue

La FAGE réaffirme l’objectif nécessaire d’atteindre le niveau cible de 3% du PIB dédié à l’enseignement supérieur, d’accroître la part d’une classe d’âge diplômée du supérieur et qu’il est primordial de dégager à l’horizon 2027 environ 11.5 milliards d’euros supplémentaires et rappelle son attachement à un enseignement supérieur performant, innovant et accessible à toutes et à tous, sans aucune forme de sélection, qu'elle soit financière, sociale ou sur dossier.