Indicateur FAGE du coût de la rentrée étudiante | Edition 2014

18/08/2014

La FAGE publiait en 2002 le premier indicateur du coût de la rentrée étudiante. En 2014, le constat est amer. Le mois de septembre sera une nouvelle fois synonyme de sacrifices pour les étudiants mais aussi leurs familles.

En septembre 2014, un étudiant devra débourser en moyenne 2 525,11 € soit 1,5 % de plus qu'il y a un an.

2525.11€ c'est le montant moyen que devront débourser les étudiants à la rentrée 2014.

2525.11€ c'est le montant moyen que devront débourser les étudiants à la rentrée 2014.

Le salariat étudiant, chance ou danger ?

Se salarier pendant ses études concerne près de 50 % des étudiants. Tous ne sont pas dans l'obligation de se salarier, néanmoins 28 % des étudiants le font par contrainte pour vivre. Or aujourd'hui, un étudiant salarié plus de 12 heures augmente son risque d'échec de 50 %. Il est donc nécessaire de prendre des mesures pour faciliter la réussite des étudiants et donc le niveau de diplôme. Tendre à la disparition du « besoin de se salarier » ne doit pas imposer l'immobilisme quant aux droits des étudiants salariés et aux réponses à apporter afin de rendre ce salariat le moins pénalisant possible. Renoncer à ces réponses revient à condamner les étudiants salariés à une double stigmatisation : celle du besoin de se salarier et celle d'une absence de dispositifs généralisés permettant leur réussite.

Le gouvernement dit pourtant avoir fait de la jeunesse sa priorité. Il est vrai qu'en deux ans, 200 millions d'euros ont été investis sur les bourses. Il est aujourd'hui urgent, plus que l'effet d'annonce d'une enveloppe que l'on sait insuffisante pour couvrir les besoins, de réformer en profondeur le système d'aides sociales étudiantes et de créer une Aide Globale d'Indépendance, comme le Président de la République s'y est engagé. Les inspections ministérielles ont fourni au gouvernement un rapport devant servir de base à un plan national de vie étudiante. Pourtant, un an après, Benoit Hamon refuse toujours de le rendre public et d'ouvrir ce chantier, préférant diminuer de 8 millions le financement de la restauration universitaire. Une coupe sèche purement budgétaire qui conduit à augmenter le prix payé par les étudiants pour chaque repas et à mettre encore un peu plus les CROUS en difficulté.

Logement : le plafond de verre est-il atteint ?

Cartographie du prix moyen des loyers (studio 20 m²)

Cartographie du prix moyen des loyers
(studio 20 m²)

De manière semblable à la rentrée 2013, la FAGE note une stagnation du prix moyen du loyer pour un étudiant, qui reste pourtant son premier poste de dépenses. Une stagnation qui s'explique par une baisse du coût du logement en Île-de-France et une stabilisation en province. Les dépenses liées au logement représentent 37 % du budget de rentrée et 45 % du budget courant.

Récemment, le gouvernement a annoncé dans le cadre de la loi ALUR une réforme visant à limiter les frais d'agence, qui eux continuent d'augmenter. Malheureusement, cette réforme ne sera effective qu'à partir du 15 septembre. Les étudiants rentrant aujourd'hui au 1er septembre, c'est donc une annonce sans effet pour les milliers de jeunes bacheliers devant trouver un logement. Le décret concernant l'encadrement des loyers, promis par le gouvernement pour 2014, se fait quant à lui toujours attendre. Pourtant, ces deux mesures sont indispensables pour réduire les tensions sur les loyers.

Régime de sécu étudiant : les étudiants payent encore les pots cassés

Autre thème brûlant, misérablement tenu sous silence par le gouvernement : la santé des étudiants. Depuis le début de la crise des mutuelles étudiantes, les frais de sécurité sociale étudiante et de complémentaire ont subi une hausse de 20 %. Après celui du logement, c'est le poste de dépenses qui a le plus augmenté depuis 2002. Pourtant, la qualité de service reste déplorable, conduisant de nombreux étudiants à se mettre en danger en renonçant aux soins. Soupçons d'emplois fictifs, intérêts politico-financiers, les étudiants n'acceptent plus de voir leur santé sacrifiée et leur argent utilisé pour des financements politiques ou syndicaux douteux. Service de qualité douteuse, absence de tiers payant, complémentaire inadaptée, vente de produits d'assurance inutiles, délais de remboursement ahurissants, harcèlement et méthodes frauduleuses sur les chaînes d'inscription sont le quotidien d'un étudiant qui paie pourtant toujours plus pour être en bonne santé. Le Premier ministre doit entendre les étudiants et mettre fin à la délégation de service public faite aux mutuelles étudiantes et ainsi réintégrer les étudiants au régime général.

L'urgence d'un plan national de vie étudiante

Si des mesures à saluer ont été entreprises, comme la création de 40 000 nouveaux logements ou le financement accru des bourses, le gouvernement doit ouvrir d'urgence un plan de vie étudiante global et ambitieux, seul à même de relancer la démocratisation de l'enseignement supérieur.

Montrant une confiance au collectif en berne, une défiance toujours plus grande pour la chose politique, les étudiants attendent d'être entendus et de participer à la construction d'un nouveau contrat social entre les jeunes et la Nation !

L'analyse en vidéo du coût de la rentrée étudiante 2014

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Julien Blanchet sur le plateau de BFM Midi...

... l'analyse de la FAGE sur le coût de la rentrée 2014